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La Bonne Amie (suite7)  (La Bonne Amie) posté le lundi 30 juin 2008 15:37

 

Depuis que le petit playboy de ces dames avait pris la défense d'Annabelle, son prestige avait encore augmenté. Il était LE prince charmant à l'état pur, le seul, l'unique. Annabelle passait son temps à vanter ses mérites ce qui avait tendance à m'agacer plus qu'autre chose. Je ne connais rien de pire qu'une fille amoureuse; elle vous bassine les oreilles avec l'amour de sa vie, parce qu'évidemment elle en est sûre, elle va se marier, avoir des enfants, une maison avec une petite haie blanche et un chien nommé Tobi et, en apothéose, ils mourront ensembles. Elle vous énumére ses qualités, même s'il n'en posséde aucune. Il est systématiquement beau, viril et exceptionnel, si original par rapport aux autres, il sort tellement du lot que vous ne pouvez même pas le différencier de ses amis, il a le QI d'une poule et est aussi viril que vous... Mais vous ne pouvez pas comprendre ! La chose la plus insupportable reste tout de même l'interprétation de ses moindres gestes, car évidemment la demoiselle en est sûre, chacun d'eux est une preuve de leur amour. "Regarde il se cure le nez, je suis sûre qu'il pense à moi ! "... C'est beau l'amour... Une fille amoureuse c'est la huitiéme plaie d'Egypte, et j'étais en train de la vivre.

Elle me noyait de Grégoire, et quand elle n'en parlait pas c'est parce que Môssieur était à portée de vue. Dans ce cas-là, elle le fixait, la bouche ouverte, les yeux grands ouverts, les joues rouges, bref... un air plus que ridicule. Elle se cachait derrière moi pour qu'il ne puisse pas la voir. Je dois avouer qu'au départ je trouvais son attitude très amusante mais au bout d'une centaine de fois, j'avais envie de la pousser sur lui pour que cette histoire soit réglée une fois pour toute, ce n'était pas les occasions qui manquaient en plus. Je ne sais comment, il se retrouvait toujours à passer près de nous, et Annabelle se cachait dans mon dos, rapetissait à vue d'oeil. J'avais envie de la gifler, pourquoi n'allait-elle pas le voir ? Et puis, elle s'est enfin décidé à le contacter, ce que je trouvais génial, sauf qu'elle voulait passer par moi, ce qui était déjà moins plaisant. Elle m'a supplié des heures entières pour que je récupére une stupide adresse internet, histoire qu'elle discute avec lui et blablabla et blablabla. J'ai tout de même fini par céder peu avant le cours d'anglais.

Malheureusement pour elle, avant que je ne rejoigne son cher et tendre, j'ai reçu un appel étrange de Thomas. Officiellement il m'appelait pour me rappeler qu'il venait me chercher samedi et que je devais dormir chez lui mais sa voix était chevrotante, faible et contrairement à d'habitude il n'articulait absolument pas.

" Thomas, ça va pas ? t'as une voix bizarre.

- si, si, ça va, la pêche, m'a-t-il dit sans joie

- T'es sûr ? Tu veux que je passe après les cours ? tu veux parler ?

- non, non t'inquiéte pas ! passe pas ça ira !"

Il a raccroché avant même que je puisse lui redire quoi que ce soit. Ni une ni deux, j'ai pris mes affaires et j'ai quitté le lycée, tant pis pour les cours, tant pis pour l'adresse de grégoire et tant pis pour Annabelle. Thomas avait réellement besoin de moi, je le sentais. Si Thomas souffrait, je souffrais. C'était mon grand-frère spirituel, mon frère de coeur.

J'ai pris les transports en commun et en à peine quarante minute j'étais devant les portes de son université. Elle était découpée en plusieurs parties : un pôle scientifique, une aile littéraire, artistique... Chacun y avait sa place. Ce que j'ai toujours trouvé séduisant dans cet endroit c'est le mélange des élèves, ils avaient tous l'air très différents et pourtant ils se mélangeaient les uns les autres. Ca avait l'air si libre, chacun pouvait s'afficher comme il  voulait, se montrer tel qu'il était, ça me changeait du lycée où on se catalogue par genre : d'un côtè les "fashion" qui prennent de haut les rappeurs, qui eux méprisent les skatteurs qui détestent les personnes habillés "classiques", qui ont la trouille des gothiques, qu'on repère facilement comme les babacools... Bref, un catalogue de gens qui ne se mélangent pas ou très rarement dans des cas particuliers... des conneries ! Moi, j'ai toujours adopté le look rien-à-foutre, en gros vous vous levez le matin la tête dans le paté, vous prenez au hasard ce que vous avez dans votre armoire et voilà ! Vous achetez vos vêtements juste par coup de coeur et non pas parce que c'est super tendance d'être comme ça et voilà ! Evidemment ça a ses inconvénients, parfois on me jette des cailloux en me traitant de clocharde, mais bon ça prouve juste que certains sont réllement cons et rien d'autre. J'enviais donc ce mélange de tous les genres en me remémorant les propos de Thomas qui m'avait dit de ne jamais accorder trop d'importance à ces impressions, qu'on était tous humains et qu'à fonder trop d'espoir je finirais par être déçue de trop de choses. Mais je n'y pouvais rien, ce que je ne peux atteindre m'attire et quand je parviens à l'avoir, je me rends compte que c'est pareil que ce que j'avais avant mais en plus grand. Je suis comme ça c'est ma nature. Et lorsque ça arrive, il faut me ramasser à la petite cuillère.

Je contemplais l'architecture des bâtiments lorsqu'une voix moqueuse et des gloussements m'ont sortie de mes pensées. J'ai tourné la tête vers la provenance de ses bruits irritants pour me retrouver nez à nez avec la nouvelle ex de mon meilleur ami.

" Tiens, mais c'est le petit chienchien de Thomas, m'a-t-elle lancé avec mépris, une main posée sur sa hanche, toujours fidèle à son maître.

- fidèle... au moins tu connais le mot, il ne te reste plus que le sens maintenant...

- très drôle ! Thomas serait-il venu pleurer dans tes jupettes petite fille ? Enfin, tu perds ton temps à venir ici..."

Elle est passée devant moi sans ciller suivie de ses amies, je l'ai regardée, exaspérée, en lui montrant bien qu'elle me faisait pitié plus qu'autre chose. Je l'ai suivi du regard jusqu'à ce qu'elle disparaisse complétement de mon champ de vision.

Soudain, j'ai senti quelque chose de lourd s'abattre sur mon épaule, mon coeur a accéléré, j'ai laissé s'échapper un hoquet de surprise. Etienne s'est posé devant moi, me demandant s'il m'avait fait peur avec un petit ton inquiet. J'ai ri en lui précisant que ce n'était rien, j'étais juste surprise. Il m'a demandé ce que je faisais là, je lui ai donc expliqué que j'attendais Thomas alors il m'a proposé de venir dans le hall, s'installer autour d'une des tables et d'attendre ensemble si je n'avais rien contre sa compagnie. J'ai évidemment accepté, quitte à attendre, je préfére le faire accompagnée par quelqu'un qui semble intéressant. On a avancé jusque la grande porte en verre du hall en passant par les petits chemins de cailloux blancs. On est entré, la salle était immense, quelques groupes s'étaient déjà installés sur deux, trois tables, mais il en restait encore une petite dizaine de libres. On s'est assis autour de la table la plus éloignée, on s'était un peu isolé dans un coin, mais cela nous permettait de voir toutes les sorties de l'université , ce qui m'empécherait de rater Thomas. Etienne a posé son sac en cuir, rapiécé, sur la table. Il y avait chez ce garçon quelque chose de fascinant dans son allure, il avait l'air tellement anachronique, il m'aurait parlé de sa vie à l'époque de napoléon, je n'aurais pas été choquée. Je le fixais apparemment car il m'a demandé s'il avait quelque chose sur son nez. Un silence s'est imposé, on cherchait tous les deux à le briser sans parvenir à trouver un sujet adéquat jusqu'à ce que je parle de la librairie.

" Elle appartient à mon oncle, m'a-t-il expliqué, j'y travaille de temps en temps, enfin tout le temps en fait, j'adore être entouré de livres. Il ne vend que des vieux livres, que des vieils éditions, je trouve ça intéressant de pouvoir les feuilleter comme ça, a-t-il continué avec des étoiles dans les yeux, je dois paraître un peu fou mais j'adore me retrouver dans ce magasin avec l'odeur de tous ces vieux bouquins, ces pages jaunis.

- Non, je comprends assez, j'adore ça aussi... Ca me rassure, je me sens moins seule, jusqu'à présent j'avais l'impression d'être bizarre quand j'évoquais cette passion, si je peux appeler ça comme ça."

Il a ri, nous avons discuté littérature pendant un moment, où plutôt il parlait et je l'écoutais. Il était en lettres modernes, il s'y connaissait en écrivains et en bons romans, je prenais des notes sur ce qui était susceptible de m'intéresser. On sentait qu'il se sentait très concerné par ce qu'il racontait, il était passioné. Je lui ai raconté ma vision de lui en écrivain à la bibliothéque avec cette fameuse plume blanche, il a rougi et s'est dit flatté, ensuite il a joué au modeste en me racontant qu'il était incapable d'écrire quoi que ce soit. Nous arrivions à un point très intéressant de notre conversation quand Thomas est arrivé. Rapidement, j'ai été déçue de le voir apparaître mais très vite je me suis rappelée pourquoi j'étais venue. Je lui ai fait de grands signes, il a froncé les sourcils en me voyant.

" Je t'avais dit que ça servait à rien de venir me voir après tes cours ! C'était pas pour te voir maintenant ! a-t-il grondé

- Eh oh! Tu commences pas à m'engueuler ! ai-je répondu un peu trop agressivement peut être, c'est de ta faute si je suis là !

- ma faute ? Comment ça ma faute ? Je t'ai jamais dit de venir ! Je vois pas en quoi ce serait ma faute , t'inverse les rôles là !

- hein ? Et c'est qui, qui m'a appelé comme un malheureux ? Je me suis inquiétée moi après ! "

J'étais juste en face de Thomas, il m'a prise dans ses bras et a embrassé mon front.Notre petite dispute de vieux couple venait de finir. Il m'a gratté la tête et a salué Etienne. J'ai récupéré mes affaires et j'ai dit au revoir au jeune étudiant qui s'est levé pour me faire la bise. Thomas m'a pris le poignet et m'a emmenée hors de l'université, jusqu'à un petit café au détour d'un carrefour.

 

...

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La Bonne Amie (suite8)  (La Bonne Amie) posté le mardi 22 juillet 2008 14:03

 

J'ai été m'asseoir dans le fond de la salle, à une petite table carrée blanche, j'ai poussé la chaise en plastique noire et j'ai posé mon manteau sur le dossier. Thomas est arrivé en tenant un plateau gris foncé avec deux tasses dessus et deux croissants. Il a posé le plateau avec délicatesse ce qui n'a pas empéché au chocolat chaud de déborder et de former une petite fleur sur la serviette en papier. On était assis l'un en face de l'autre, chacun avait sa tasse et son croissant, je trempais le mien dans mon chocolat tandis qu'il mangeait le sien sans faire un seul bruit.

" ça fait du bien de manger ! me suis-je exclamée

- en même temps il est 16h00...

- merde, j'ai raté le cours de littérature, ai-je repris peinée

- A qui la faute ? a-t-il demandé en ricanant

- A toi bien sûr !

- Tu m'énerves, m'a-t-il dit en souriant, t'aurais vraiment pas dû venir."

J'ai serré sa main très fort dans les miennes, il paraissait tellement fragile pour une fois. Lui qui me protégeait de tout,me montrait maintenant ses faiblesses. Je me suis levée et je l'ai pris dans mes bras. Je lui ai demandé si ça avait rapport avec sa récente rupture, il ne m'a pas répondu. Je lui ai relevé la tête pour le regarder droit dans les yeux.

" Tu sais que quoi qu'il se passe tu peux venir me voir, me parler. Tu gardes tout pour toi, c'est mauvais , moi je m'inquiéte après... Tu parles jamais de rien, c'est agaçant."

Il a collé sa tête sur mon ventre, je lui ai carressé les cheveux. Tout le monde nous regardait mais on s'en fichait pas mal. J'ai tout de même fini par m'asseoir sur ses genoux pour prendre moins de place dans les rangées entre les tables. Il a posé sa tête sur mon épaule et touillé la cuillère dans son café.

" tu ferais mieux de rejoindre ton siège tout le monde nous regarde, a-t-il chuchoté

- on s'en fout des gens ! ai-je répondu

- allez ! "

Je suis donc retournée sur mon siège, en face de lui. Il teait toujours ma main. On est resté là, à boire nos tasses respectives, dans le silence le plus complet. Il a tout de même fini par ouvrir la bouche mais pas pour me dire ce qui n'allait pas.

" Alors comme ça, tu draguais Etienne ? "

J'ai expulsé le chocolat dans un bruit incongru, par chance pour le guignol en face de moi, je n'avais pas grand chose dans la bouche donc le peu qui est tombé s'est retrouvé sur la table. Il m'a regardé avec deux grands yeux surpris, puis s'est mis à frotter la table par pur réflexe pendant que je toussais et que je tentais de retrouver une respiration lente et régulière.

" tu peux répéter ? ai-je enfin su articuler

- Je demandais si tu dragais Etienne, il est célibataire tu sais, a-t-il répondu en finissant d'éponger le chocolat

- non je savais pas... Mais attends, je le draguais pas d'abord, on discutait !

- et je suppose que le sourire idiot , les yeux remplis d'admiration et humides ainsi que les joues rouges sont dûs à la discussion ?

- exactement ! "

J'étais génée de savoir que j'avais pu être ainsi avec le bel écrivain, le pire étant que je ne m'en étais même pas rendu compte. D'un autre côtè, je rougissais souvent quand je discutais de quelque chose qui me plaisait réellement, sans doute dû à l'excitation de participer à la conversation, en plus, je venais de l'extérieur alors le changement de température devait sans doute jouer sur la couleur de mon visage, c'est normal dans ce cas de rougir , non ?

Voyant que j'étais perdu dans mes excuses, Thomas a entamé une biographie de son ami Etienne. 21 ans depuis peu, il vivait seul dans un petit studio payé par ses parents le temps de ses études, il venait d'une petite ville à 1h de route d'ici. Il bossait chez son oncle pour arrondir un peu ses fins de mois. Thomas a continué de me parler de lui, et a entamé le passage sur sa vie sentimentale, apparemment il était seul depuis un an et demi, on racontait qu'il ne s'était jamais remis de sa dernière rupture.

" Enfin quand j'ai voulu en savoir plus auprès de lui, je me suis heurté à un mur, m'a-t-il expliquée.

- mais comment tu sais tout ça ?

- j'ai travaillé avec lui déjà, et puis... on parle beaucoup entre nous."



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La Bonne Amie (suite9)  (La Bonne Amie) posté le lundi 22 septembre 2008 17:35

Il était un peu plus de 22heure, j'étais assise sur mon lit, emmitouflée dans mon gros pyjama bleu, je fixais mes pantoufles à pompon, mon portable collé à l'oreille, écoutant les jérémiades d'Annabelle.

Après notre longue conversation au café, Thomas m'avait accompagnée chez moi et ma mère en profita pour l'inviter à manger. Il était reparti chez lui vers 20h30. Mon portable était resté tout ce temps au fin fond de mon sac et ce n'est que lorsque je suis retournée dans ma chambre que j'ai vu que j'avais reçu une dizaine de sms et pratiquement autant d'appel de la part d'Annabelle. Je n'avais pas trop envie de lui téléphoner, je voulais me mettre au lit, lire un peu, rêver aussi, mais une petite voix à l'intérieur de moi m'a poussée à la rappeler... erreur fatale ! Cela faisait pratiquement plus d'une heure que j'avais le combiné accroché à l'oreille, il était si bien accroché qu'il aurait pu tenir seul, et je n'avais toujours pas pu placer ne serait-ce qu'un seul mot. Annabelle m'accablait de toutes ses peines, elle me reprochait de ne pas avoir tenu mes engagements, ce qui était vrai dans un sens, et elle accompagnait le tout de phrase sans queue ni tête sur les valeurs de l'amitié. A la fin de ce long monologue, j'ai enfin pu lui expliquer pourquoi j'avais fui le lycée. Je lui ai donc parlé de Thomas et de son moral qui n'était pas formidable, la seule chose qu'elle m'a dite a été :

" De toute façon tu ne vis que pour lui. T'as pas une véritable amie pour moi ! "

J'étais sidérée. Elle m'en voulait pour une toute petite chose insignifiante que je pouvais accomplir dans la semaine, à n'importe quel momet de la journée. De rage j'ai raccroché en plein milieu de sa phrase. Et afin qu'elle ne me rappelle plus, j'ai éteint mon téléphone que j'ai ensuite claqué dans le tiroir de ma table de nuit. J'ai quitté ma chambre, mes pieds dans les chaussons à pompon, et je suis descendue dans le salon. Ma soeur était affalée dans la banquette à enregistrer la bouche ouverte les images clignotantes que lui offrait la télévision. Je suis allée dans la cuisine, j'ai ouvert le congélateur et j'ai récupéré l'énorme pot de glace à la vanille. Je me suis assise en attrapant une cuillère par la même occasion, et j'ai mangé. La glace fondait délicatement dans ma bouche, le froid qui glissait dans le fond de ma gorge réchauffait mon petit coeur meurtri. Je croyais qu'elle me connaissait mieux que ça quand même.

Je suis retournée dans ma chambre après avoir tout rangé, en passant dans le salon j'ai maugréé un bonne nuit à ma soeur qui ne m'a même pas répondu trop absorbé par les débilités de la télévision.

Le lendamain, Annabelle et moi nous ne nous sommes même pas dit bonjour, nous ne nous sommes même pas regardées, ni même parlées. .. Rien ! J'estimais que je n'avais rien à me reprocher et que ce n'était donc pas à moi d'aller la voir, ni à moi de m'excuser.

J'avais donc passé ma matinée seule à attendre midi pendant qu'elle s'était trouvé de nouvelles amies dans notre charmante classe. Celles qui s'étaient bien moqué de sa coupe de cheveux, celles qui jugeaient au regard, qui s'abreuvaient de futilité, qui en devenaient extrémement superficielles, futiles et sans intérêt. Celles que je m'étais juré de ne jamais devenir.

A midi, je suis sortie, Thomas m'attendait en souriant devant la porte. Toutes les gazelles le regardaient avec envie et admiration, et bien sûr, Monsieur en jouait, variant les poses qui le mettaient bien en valeur. J'allais sortir le rejoindre lorsqu'on m'a agrippé l'épaule, et que j'ai été happée en arrière. Sous la surprise, j'ai poussé un petit cri ridicule, ce qui a fait rire Victor et m'a permis de l'identifier. Grégoire m'a saluée et a ouvert son sac pour me tendre ensuite deux feuilles qu'il avait rangé dans une pochette.

" C'est le cours d'anglais que tu as raté hier, je l'ai regardé encore plus surprise, c'est pas moi qui ai pris les notes, s'est-il empressé d'ajouter, c'est le prof, je fais que te les donner.

- eh bien merci ! Ah ! Au fait, tant que t'es là autant le faire tout de suite, ai je ajouté, Annabelle voudrait ton numé...

- Je sais , m'a-t-il coupé, elle est venue hier me demander, elle t'a rien dit ? a-t-il demandé les joues rouges

- dit quoi ?

- rien, c'est pas grave... Salut !"

Je l'ai regardé s'éloigner avec Victor, j'étais encore plus en colère envers Annabelle, pourquoi me faire une scéne si elle avait déjà ce qu'elle voulait. Enfin, en regardant Thomas joué le Sex symbol devant les pisseuses du lycée, j'ai très vite chassé tout ça de ma tête. J'ai courru vers lui, j'ai fait semblant de tomber dans ses bras mais évidemment je me suis rattrapée à la dernière minute ce qui lui a arraché un petit ricanement.

Tous les regards étaient tournés vers nous, je voyais certaines filles de ma classe chuchotaient dans les oreilles des unes et des autres et j'en étais très fière. Je pavanais accrochée au bras de mon meilleur ami qui me conduisait doucement en bon cavalier qu'il était. Une fois loin du lycée, il m'a laché et m'a lancé en riant :

" Alors heureuse ? t'as fait ton petit effet ? t'es contente ?

- Ouai ! ai je répondu avec un sourire carnacier

- Ca sert d'avoir un beau gosse comme ami !"

Je lui ai donné une tape sur l'épaule en lui demandant si ses chevilles n'enflaient pas. On venait d'arriver à l'arrêt de bus, nous nous sommes assis. J'ai posé ma tête sur son épaule, j'ai soupiré et j'ai fermé les yeux.

" T'endors pas ! " a conseillé Thomas en secouant son épaule. J'ai maugréé un léger t'inquiéte pas mais j'ai gardé les yeux fermés jusqu'à l'arrivée du bus.

...

 

 

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La Bonne Amie (suite10)  (La Bonne Amie) posté le samedi 11 octobre 2008 11:29

Quand j'ai émergé de mon demi-sommeil, nous étions déjà arrivés chez Thomas. Sa mère m'a prise dans ses bras et a collé, sur chacune de mes joues, un gros baiser humide. Elle était heureuse de me voir. La soeur de Thomas devait arriver à 13h30. Cela nous a laissé le temps de manger. A la fin du repas, j'ai voulu proposer mon aide pour débarasser mais se mère me l'a interdit. J'ai donc profité de la situation et j'ai regardé Thomas s'occupait des corvées pendant que j'étais confortablement assise sur ma chaise.

Une fois le nettoyage fini, nous avons laissé sa mère seule et nous sommes partis dans sa chambre. Je n'y étais pas allée depuis longtemps et pourtant, elle me semblait toujours autant familière. Les murs étaient toujours blancs et le parquet toujours foncés, et les rideaux, lampadaires et lits toujours dans un verre éméraude qu'affectionnait beaucoup mon meilleur ami. Au mur il avait collé une multitude de photos qui, vu de loin, formaient une immense vague noire et blanche. Il avait mis un an à réunir les photos et à la créer et le résultat était des plus sympathiques. Sa chambre était extrémement bien rangée. Thomas s'est approché de la téléviosion, l'a allumée ainsi que la console et il m'a tendu une des manettes. Nous avons joué à peine une demi-heure. Sa mère nous a appelé ce qui tombait bien, Thomas perdait et en devenait désagréable.

 

J'ai couru dans les escaliers, Thomas me suivait d'ue démarche non chalante, les mains dans les poches, il soufflait, il aurait ajouté un "putain fait chier ! ", je n'aurais même pas été étonnée. Sa soeur venait d'arriver. Elle avait les cheveux détachés qui tombaient avec beaucoup d'élégance dans son dos, une jupe violine était caché par son manetau en velours bleu foncé, il avait de gros boutons blancs pour le fermer. Elle portait un béret de la couleur des boutons, et des chaussures vernis qui remontaient jusque ses chevilles. Elle ressemblait beaucoup à son frère : elle était belle, d'une allure imposante et arrogante, et elle était habillée dans son propre style qui lui allait à ravir. On l'a laissée se dévêtir avant de lui dire tour à tour bonjour. Elle ne semblait pas surprise de me voir, elle avait été prévenue par sa mère que je restais pour la voir ce week-end. Elle en semblait ravie contrairement à Thomas qui l'a prévint que j'étais plus son amie à lui que celle de sa soeur, ce qui a entrainé une chamaillerie. C'était assez valorisant de les voir se battre pour savoir qui je préférais. Nous sommes tous les trois retournés dans la chambre de Thomas.

Dans l'après-midi, Thomas a reçu un appel, il a parlé une longue demi-heure en laissant le jeu en pause. Il nous souriant avec amour alors que nous attendions dans le silence le plus total que Môssieur daigne reprendre le jeu. Lorsqu'il a enfin raccroché, il s'est levé, a mis son téléphone dans sa poche et nous a regardé en riant.

" Vous allez me tuer... Je dois partir ! "

Sa soeur a pris un oreiller et lui a jeté dessus avec violence en hurlant que c'était un fumier. Evidemment Thomas a réussi à l'éviter et nous l'a renvoyé avec autant de force. Sa s'est jeté sur lui, mais elle était trop légére, il n'a pas eu trop de mal à la repoer sur le lit, je lui ai donc prêté mon aide. Nous nous sommes battus quelques minutes avec les oreillers, se tapant avec bonne humeur dessus jusqu'à ce que Thomas ait trouvé le moyen de nous bloquer et de fuir comme un lache. Ce qui était dans sa nature, toutes les femmes qu'il avait connues, ce garçon courageux les avaient jetées soit par sms, soit par email. En fait, Thomas est un beau salaud mais c'est aussi mon meilleur ami alors je l'aime quand même. Mais il n'a vraiment pas de coeur avec la gente féminine, ce n'est peut être pas un mal que sa pouf l'ait abandonné.

Bref, sa soeur et moi étions assises comme deux connes sur son lit avec la télévision qui nous montrait un écran noir où luisaient de lmagnifiques lettres jaunes qui formait le mot "PAUSE". J'ai fini par demander ce qu'on pouvait bien faire pour tuer le temps, elle ne m'a pas répondu. La dernière fois que nous avons été seules toutes les deux, nous avions une dizaine d'années, nos conversations n'étaient alors que jeux d'enfant. A ce moment là, je cherchais en vain un sujet de conversation potable. Un silence pesant s'est installé, je regardais mes doigts, mes pensées voyageait d'un théme à l'autre sans parvenir à y rester. Elle a tout de même fini par me demander depuis combien de temps je cotoyais son imbécile de frère. Alors je lui ai raconté ma solitude au collége quand elle est partie, et j'ai continué jusque les années au lycée. Elle m'a raconté ce qu'elle avait dû subir et ses petites anecdotes qu'elle a vécu auprès de son père. Nous étions enfin en train de discuter. La glace n'était pas si dur à briser en fait.

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Brouillon [si vous avez une idée de titre ]  (Notes de Neige) posté le mardi 14 octobre 2008 23:38

Je précise avant tout que c'est un brouillon, et que pour une fois je ne suis absolument pas contre un avis extérieur (à condition qu'il soit bien argumenté... surtout s'il a de graves lacunes ou au contraire s'il est "exceptionnel" mais j'opterai pour la première solution)...

J'ajoute aussi qu'il a été afit en peu de temps, il me trottait dans la tête alors je n'ai fait que l'écrire donc il n'est pas franchement bien travaillé...


Solitaire, le nez en l'air.

Elle marche tranquillement,

 sans se soucier des gens.

La musique résonne autour d'elle,

masquant le bruit de la rue,

de ce monde incongru.

Emportée dans son univers,

elle marche sans se soucier de tous nos travers.

Emportée par son élan,

 elle en oublie même le temps.

Elle passe devant les maisons,

devant les façades à néons.

Elle avance avec élégance.

Plus rien ne vit, plus aucun cri,

seul compte ses pas,

elle va tout droit.

 Et je la regarde passer,

et je ne peux m'empêcher de l'envier.

Moi, je vis dans un rond point,

et je tourne, hélas, sans fin.

 Habitué au même décor,

je le verrai jusqu'à ma mort.

Elle est passée le nez en l'air,

elle paraissait solitaire.

Elle marchait tranquillement

sans se soucier des gens, et de moi simple passant.

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