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La Bonne Amie (suite3)  (La Bonne Amie) posté le lundi 07 avril 2008 12:13

Nous étions de nouveau dans la cuisine, j'étais réveillée et habillée, il était midi, nous étions samedi. Thomas faisait la vaisselle pendant que je lui parlais de l'absence de mes parents partis en week-end, en amoureux, et de ma soeur qui a fait de même puisque personne personne ne sera là pour lui téléphoner jusqu'à son retour. Thomas s'est enfin installé à table, je ne l'avais jamais vu aussi fatigué, il avait d'énormes cernes sous les yeux qui étaient rouges, ses joues étaient un peu creusées, à croire qu'il n'avait pas dormi depuis plusieurs jours.

" Alors qu'elle est le programme de la journée ? a-t-il demandé en espérant que ce serait squattage de canapé et télé

- hum... Annabelle vient, il a grogné, elle veut devenir blonde.

- elle est déjà dans la tête ça lui suffit pas ? En plus ça va être choquant avec ses gros sourcils noirs.

- Méchant ! ai-je grondé

- Oui." répondit-il avec un sourire carnacier.

Annabelle et Thomas s'étaient rencontrés deux ans plus tôt. Comme je trainais souvent avec Thomas lors de mes temps libres et durant l'entre-deux-cours, et que j'étais avec Annabelle durant les cours, leur rencontre s'est faite tout naturellement. Au début, l'ambiance entre nous était très détendue, Thomas acceptait tout le monde auprès de lui, il avait des préjugés, de nombreux même, mais il était souvent du genre à les mettre de côtès dès qu'il parlait avec quelqu'un. Annabelle, elle, fondait et devenait toujours très agréable auprès des beaux garçons, alors évidemment avec Thomas ça passait comme une lettre à la poste. J'étais heureuse, mes deux meilleurs amis étaient amis. Malheureusement, leur amitié s'est très vite terminée, Je n'ai jamais su, et je ne saurai probablement jamais, ce qu'il s'était passé entre eux mais ils ont cessé de se parler l'un à l'autre, ils ont commencé à s'ignorer mutuellement et mes tentatives de réconciliation sont toutes tombées à l'eau. J'ai donc tout abandonné, mais dans cette histoire ce qui m'agaçait le plus était que je ne pouvais même plus parler de l'un à l'autre : lorsque je parlais de Thomas à Annabelle, elle baillait, soupirait et changeait de sujets, Thomas, lui, ne faisait guère mieux, avec son act habituel il m'a carrément lancé au visage qu'il "en avait rien à foutre". Je l'ai boudé pendant plusieurs jours et pour se faire racheter il m'avait offert un sac en toile avec un papillon bleu brodé dessus, ce sac je le porte à caque sortie, quand je vais me balader, quand je pars en vacances, bref dès que je peux l'afficher à tous je le fais. Mais depuis j'ai bien compris que je devais abandonner l'idée de mélanger ces deux parties de ma vie.

Malgrè l'arrivée d'Annabelle, Thomas est resté chez moi. J'ai même été étonnée de le voir lui dire bonjour. Annabelle, elle, était calme, étrangement calme. L'air était tout de même assez pesant, j'ai essayé d'engager une conversation mais je me suis heurtée à un mur. Ah ! Ce samedi promettait d'être croustillant, j'étais sûre que ce salopard de Thomas faisait exprès de rester pour déranger Annabelle. En plus il n'était pas censé venir, d'un autre côtè il n'a jamais prévenu lorsqu'il venait me voir c'était toujours à l'improviste. J'ai pris Annabelle par la main et nous sommes parties nous enfermer dans la salle de bain. J'ai dû lutter contre la bête féroce en mal d'amour physique, qui était pourtant comblé avec une greluche de son ancienne classe de terminale, qui voulait nous accompagnait, quelle plaie, il ne pouvait pas s'empêcher de vouloir nous accompagner... Ca l'émoustille tellement une demoiselle avec une serviette sur la tête ?

Au bout de plusieurs heures à batailler avec des produits chimiques nauséabonds et les cheveux de la princesse, nous avions enfin quitté la salle de bain, qui était méconnaissable. On a passé la majeur partie de notre temps à la nettoyer plutôt qu'à nous occuper de la tignasse d'Annabelle, mais ce grand nettoyage m'a évité la mort, ma mère ne supporte pas de découvrir sa maison avec un grain de poussière en trop lorsqu'elle s'absente. Les cheveux d'Annabelle, une fois sec, avaient viré au jaune pisse délavé. C'était assez effrayant. Lorsqu'elle s'est vue dans le miroir, des larmes se sont mises à couler le long de ses joues, elle a murmuré un "mais qu'est-ce-que j'ai fait ?". Moi je ne comprenais rien, les explications avaient l'air facile à suivre, et sur la photo le rendu était très joli. Pour la réconforter, je lui ai fait remarquer qu'avec cette couleur elle attirerait les regards et c'était plus original qu'un blond éclatant comme les autres filles, en vérité je me sentais coupable de ne pas l'avoir arrêté.



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La Bonne Amie (suite4)  (La Bonne Amie) posté le lundi 28 avril 2008 22:19

Je suis retournée au rez-de-chaussée, dans le salon, il y faisait sombre, apparemment il était déjà tard bien qu'en hiver la nuit tombe très vite, voire trop. J'ai allumé une des lampes de chevet et j'ai découvert Thomas endormi sur la banquette. Je me suis approchée de lui, le plus doucement possible, je me suis penchée au dessus de son visage, il dormait profondément, un peu trop même. J'ai claqué mes doigts devant ses yeux clos, il n'a eu aucune réaction. Par frustration et sadisme aussi, j'ai commencé à le chatouiller au niveau de ses reins, il m'a pris dans ses bras et je me suis retrouvée allongée sur son corps. Il m'a embrassé le front et s'est assis tout en me gardant dans ses bras, ce qui était assez douloureux car mon dos était totalement courbé vers l'intérieur. Voyant que la position n'était pas confortable, il m'a dit de me tourner, j'étais alors assise dos contre son torse, sa tête était appuyé sur mon épaule et il s'amusait à souffler dans mes cheveux.
" On ressemble à un couple comme ça" a-t-il murmuré dans le creux de mon oreille. Je me suis mise à rougir, Thomas était mon meilleur ami, il ne serait que mon meilleur ami durant toute ma vie... c'est comme ça que je voyais les choses tout du moins.

" Imbécile, tu penses un peu à ta copine à me dire des trucs pareils ?"

Il a soufflé, m'a laché et s'est claqué sur l'accoudoir du canapé, heureusement pour lui, l'accoudoir était mou.

" Elle m'a largué" a-t-il laché. J'ai tourné ma tête vers lui comme j'ai pu, incrédule.

" Elle m'a laché ce matin si tu veux tout savoir, a-t-il repris, la raison officielle est qu'elle ne me supporte plus, j'aurai un caractère détestable, trop imbu de ma personne et tout un tralala de conneries, l'officieuse est qu'elle se tape mon voisin, mais elle croit que je ne suis pas au courant...

- Je suis désolée, lui ai-je dit en remettant une de ses méches de cheveux contre sa joue

- C'est pas ta faute, pourquoi tu te désoles ? A moins que tu ne lui aies présenté mon voisin ?"

C'était du Thomas tout craché. Il cachait ses sentiments jusqu'au bout par des blagues lamentables dont lui seul avait le secret. Je l'ai pris dans mes bras et je l'ai serré aussi fort que j'ai pu, au point de l'étouffer. On est resté longtemps ainsi, et puis Thomas m'a rappelé l'existence d'Annabelle. Je me suis levée, catastrophée, et je suis retournée dans la salle de bain. Malheureusement le mal était déjà fait, elle avait une paire de ciseaux à la main qui appartenait à ma mère et qu'elle laissait dans la salle de bain pour une mystérieuse raison, ses cheveux étaient éparpillées autour d'elle et des mèches inégales encadraient son doux visage tremblant.

" MAIS QU'EST-CE QUE T'AS FAIT ? " ai-je crié malgrè moi, donnant le départ à ses larmes.

Je l'ai prise par le bras avec délicatesse et je l'ai ramenée dans le salon. Thomas a explosé de rire en la voyant mais lorsqu'il a croisé mon regard, il a failli s'étouffer ce qui a mis fin à son hilarité. Je me suis retrouvée coincée entre deux déprimés pour des raisons plus au moins justifiables. Toutes deux se rongeait les ongles, soupiraient longuement, ne parlaient pas alors, comme j'avais le moral dans les chaussettes à cause d'eux, j'ai décidé de les garder à la maison, près de moi. J'ai préparé de quoi manger, je les ai forcé à avaler, un parce que c'était pas très bon, faut avouer je suis une mauvaise cuisinière, deux parce qu'ils n'auraient rien mangé jusqu'au lendemain voire sur-lendemain. Ensuite pour détendre l'atmosphère pesant, on a regardé un bon gros navet qui a effacé une partie de leur tracas de la journée : j'étais allongée sur la banquette de tout mon long, la tête sur la cuisse de thomas assis de façon flasque, Annabelle s'était installé par terre, on s'empiffrait de bonbons en se moquant des jeux d'acteurs, des dialogues trop construits et du merveilleux doublage de la plus grande niaiserie cinématographique de l'année.


Le lendemain je me suis réveillée dans le lit de mes parents, Annebelle à ma droite, Thomas à ma gauche. Je me suis libérée tant bien que mal de l'emprise de mes deux amis et j'ai quitté la chambre pour me diriger dans la salle de bain encore décorée des cheveux d'Annabelle. J'ai remis un peu d'ordre et j'ai fait ma toilette.

Quand je suis sortie de la pièce plus personne n'était dans la chambre, les lits avaient été faits, et la fenêtre était ouverte pour aérer la pièce, par chance il ne faisait pas trop froid ce matin là. J'ai fermé la porte et je suis descendue. J'ai rejoint la cuisine où deux zombies avaient l'air de prendre leur petit-déjeuner. Par sureté j'ai vérifié qu'ils ne mangeaient pas de l'air mais leur bol respectif était plein ce qui m'a rassurée. Je me suis mis de l'eau à bouillir après avoir lancé un bonjour tonitruant qui n'a provoqué aucune réaction chez Annabelle et a valu un grognement de vieil ours chez Thomas.

Ensuite, Thomas a quitté la cuisine, il est parti se laver, Annabelle et moi, nous avons été regardé les dessins animés dans le salon. Thomas est réapparu une petit demi-heure après, il sentait bon le propre, il avait retrouvé un teint frais et apparemment son moral était revenu.

" Bon 'jvais vous laisser, j'vais quand même aller voir ma mère, lui prouver que je suis encore en vie.

- Tu lui dis bonjour de ma part, lui ai-je demandé avec un petit sourire triste, j'aurais souhaité qu'il reste plus longtemps

- pas de problème" A-t-il répondu. Il a fait la bise à Annabelle, ensuite il s'est penché vers moi, a posé sa main sur mon épaule, m'a fait un baiser sur la joue et de son autre main a appuyé sur mon menton en me disant "tu sais qu'je t'aime toi ! ". Il a ensuite repris son sac et il a passé la porte. Je me sentais ragaillardie, vivante, j'ai regardé Annabelle qui tenait ses genoux contre sa poitrine en fixant la télé les yeux vides. J'ai tendu ma main vers elle, l'invitant à me suivre.

Je l'ai amené dans la salle de bain, où toutes traces de vie avaient disparu. Thomas était vraiment un maniaque de la propreté. Annabelle a enlevé le haut du pyjamas que je lui avais prété, elle a penché sa tête au dessus de la baignoire et nous avons lavé ses cheveux trois fois de suite. Après les avoir séché, démélé, coiffé comme il fallait avec une jolie raie au milieu. J'ai noué ses cheveux et à la manière de Mulan je les ai tranchés. Le résultat n'était pas franchement magnifique mais c'était déjà mieux que la veille. Elle se retrouvait maintenant avec une sorte de dégradé assymétrique mais fait avec amour.

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Racontage de "life"  (Notes de Neige) posté le lundi 28 avril 2008 22:51


 

Yeah, j'en suis à la cinquiéme page (format 21*29.7 petits carreaux sans marge, écrits sans passer de ligne et recto verso mais avec heureusement des ratures...) Il ne m'en reste que dix à recopier... yeah... Encore 2/3 et on est à la fin. Oui parce que j'ai déjà fini de l'écrire contrairement à ce qu'on pourrait croire vu que je suis lente à mettre des MAJ mais bon...

J'espère que ça plaît en tout cas... apparemment oui vu que mes visites ne décroissent pas... c'est bon signe ^^, sinon tant pis...

Sinon dans le racontage de life inutile, j'avais commencé une nouvelle fiction mais je l'ai abandonnée... elle était trop gnangnan et j'arrivais pas à la mettre en place, sinon j'en ai une autre en route mais c'est plus une sorte d'épopée "fantasy-ste" avec un peu de romance dedans... Enfin j'vais déjà terminer celle ci ensuite on verra...

J'ai d'autres projets en tête mais je veux pas me lancer dans 36 000 trucs à la fois, ce qui me manque c'est une structure clair pour me faire avancer plus "rapidement" dans le recopiage sur pc...

Bon sur ce je vous laisse, racontage de "life" quand je démarre je finis plus... Je suis une grande bavarde (demandez à tite fraise des bois)... Bonne soirée ou journée tout dépend du moment de la lecture.

Neige

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La Bonne Amie (suite5)  (La Bonne Amie) posté le lundi 19 mai 2008 19:54

Le lendemain je suis arrivée légérement en avance au lycée, ce qui était assez rare. J'ai attendu Annabelle durat quelques minutes. Elle a fini par se montrer avec une casquette de velour rouge sur sa tête ce qui camouflait entiérement ses cheveux. On a filé discrétement jusqu'à notre salle de cours.

Lorsqu'elle a retiré son chapeau, ses cheveux sont retombés sur ses oreilles. Il y a eu des murmures, des petits couinements, des papiers qui filaient de mains en mains, des mots qui glissaient d'oreille à oreille de la part des filles de notre classe. Annabelle rougissait, aussi rouge que sa casquette elle-même, mais restait digne et tentait de ne pas porter attention aux commérages. J'ai entamé une discussion avec elle, on a parlé de notre dimanche. Je lui ai demandé comment ses parents avaient réagi face à sa crinière mais elle a éludé la question, j'en ai dédui qu'ils n'avaient pas dû apprécier.

Le cours suivant, nous étions séparées l'une de l'autre. J'avais cours de langue. J'ai couru, le professeur a ouvert la porte, je me suis engouffré dans la salle et j'ai été m'asseoir à la table près de la fenêtre. Les autres sont entrés un par un, d'abord deux filles, qui riaient nerveusement comme deux bonnes greluches qu'elles sont. Sans doute était-ce dû au fait que ce cher Grégoire les suivait accompagné de son ami Vivien, LE crétin par excellence, pas un seul jeu de mots amusant, mais sa catégorie sociale lui permettant d'être roi des boulets, il a sans doute accepté le poste sans connaissance des risques. Comme toujours Grégoire s'est assis devant moi, dos contre le mur et m'a dit bonjour. J'ai répondu par politesse, on peut ne pas apprécier quelqu'un et rester poli.

Le professeur a commencé son cours. C'était un vrai régal de travailler dans sa classe. Pour une fois, on n'étudiait pas des textes ennuyants sans aucun intérêt. C'était dynamique, on avait envie de participer malgrè le peu de vocabulaire qu'on a pu accumuler. J'aurais pu rester assise dans cette salle ad vitam eternam. Bref, j'étais sur mon petit nuage, bien tranquille. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et la sonnerie m'a réveillé de ce doux rêve éveillé.

J'ai commencé à ranger mes affaires avec une lenteur extrêmement calculé, j'attendais que la salle se vide avant de partir à mon tour. Malheureusement, Grégoire et son accolyte sont toujours plus lents que moi. Je suis sortie en criant au revoir à ce cher professeur. Quand je suis arrivée dans le couloir, une tête s'est écrasée sur ma poitrine, et des bras ont encerclé ma taille. Des sanglots étouffés s'échappaient avec difficulté sur mon ventre. J'ai caressé les cheveux d'Annabelle avant de lui demander des explications. Son récit était entrecoupé de sanglots et en devenait incompréhensible. Apparemment elle avait reçu énormément de remarques désobligeantes ce qui me donnait envie de devenir violente avec certaines filles que je connaissais.

Grégoire est enfin sorti de la salle. Il a surpris le calin réconfortant que je faisais à Annabelle. Et tandis que ses groupies s'approchaient déjà de lui, il s'est approché d'Annabelle qui l'a regardé de ses yeux rouges et humides.

" J'adore ta nouvelle coiffure, lui a-t-il dit, c'est vraiment original cette couleur, ça te va bien, c'est tout à fait toi. Ca ressemble à ce que font les autres mais ça reste différent, voire totalement décalé.

- Ca te plaît ? a-t-elle demandé en me lachant

- bien sûr ! "

Il m'a souri, j'ai mimé un merci du bout des lèvres. Tout le monde regardait Annabelle bouche grande ouverte, les yeux brillants. Je crois que son cerveau s'est déconnecté de la réalité. En fin de compte, Grégoire n'est peut être pas aussi con que dans mon imagination.



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La Bonne Amie (suite6)  (La Bonne Amie) posté le mardi 10 juin 2008 13:14

Les jours étaient passés et tous s'étaient habitués à la nouvelle tête d'Annabelle, même moi. Ce jour-là, j'étais en permanence entre deux cours. Les professeurs étaient en grêve pour des suppressions de poste, encore ! On est déjà pratiquement quarante par classe et ILS suppriment encore des postes, bientôt on sera une centaine dans une classe de cinquante avec un prof pour tous nous maintenir... ça va être génial !

Bref, j'étais tranquillement en permanence, seule, à faire semblant de réviser ou à gribouiller sur une feuille blanche. Je m'ennuyais, je voulais rentrer mais l'heure d'après j'avais cours de langue... avec mon professeur préféré. Je ne pouvais pas rater ça !

Puis j'ai entendu la porte s'ouvrir, quelqu'un s'avançait lentement vers moi. Je n'ai pas relevé la tête, je connaissais bien cette démarche mais j'étais tout de même étonnée de le savoir ici. La chaise devant moi a bougé et l'intru s'est assis : c'était Thomas. J'ai soupiré et je me suis étalée sur la table. J'ai levé mes yeux vers lui, il m'a gratté la tête.

" T'es pas censé être ici toi ! lui ai-je fait remarquer

- Je sais, a-t-il répondu, mais tu sais j'étais célébre ici... J'ai fait les yeux doux à Claire et elle m'a laissé rentrer, elle m'a toujours adoré cette petite pionne.

- mouai... et t'as pas cours ?

- Non, et comme je sais que dans une heure t'es libre... Dans ma grande bonté, je me suis dit que je devais venir te tenir compagnie... ne suis je pas merveilleusement gentil ?

- Si, beaucoup trop"

J'ai levé les yeux au ciel. On s'est taquiné quelques minutes, un peu de la même manière que lorsque nous étions enfant. Notre chamaillerie allait bon enfant lorsqu'un Grégoire tout essouflé est arrivé. Il s'est approché et m'a dit bonjour en reprenant péniblement son souffle.

" j't'ai cherché partout, a-t-il précisé, on a pas cours après, il est pas là"

Et voilà, j'avais attendu une heure pour rien. j'ai remercié Grégoire de m'avoir prévenu, c'était bien aimable de sa part. Thomas était plutôt heureux d'entendre la nouvelle, il avait déjà rassemblé mes affaires. Grégoire était en train de jouer les modestes d'une voix presque inaudible pendant que Thomas, mes affaires dans les bras, me poussait hors de la salle avec violence. J'ai juste pu faire un signe de la main à Grégoire pour lui dire au revoir. Thomas a pris mon bras, m'a tiré vers l'extérieur, la porte s'est claquée et deux minutes plus tard, on était déjà arrivé dans le centre ville.

"On fait quoi maintenant ? ai-je demandé

- aucune idée !"

On était en plein milieu du centre ville. C'était un vieu centre-ville, la majorité des façades étaient classées patrimoines historiques. J'adorais m'y promener, le nez en l'air, je contemplais les bas-reliefs en dessous des fenêtres. Thomas me dirigeait, j'avais entiérement confiance en lui, je savais que je ne me heureterai pas à un passant ou une voiture. On s'est finalement arrêté devant une petite librairie où il avait travaillé durant l'été. C'était une vieille boutique de livres d'occasions, on y trouvait du neuf aussi de temps en temps. Quand Thomas y allait, il ressortait toujours avec trois ou quatres bouquins de science-fiction ou d'héroïc fantasy. Je n'ai jamais compris ce qu'il trouvait de captivant dans ce genre de romans.

Nous sommes entrés dans la boutique, une petite cloche a sonné et un homme est sorti de nul part. C'était surprenant. Il avait de la poussière dans ses longs cheveux noirs qui tombait sur ses épaules. Il nous a regardé de ses yeux gris cernés à travers sa paire de lunettes posée sur le bout de son nez. Sa chemise blanche était chiffoné et appremment trop grande pour lui, son pantalon noir était orné de toiles de poussières. Il aurait une plume dans les cheveux, ça n'aurait pas été étonnant, j'avais l'impression de le déranger en plein travail.

Thomas s'est avancé et lui a serré la main. Il m'a présenté au mystérieux libraire, Etienne. De près, on voyait qu'il était jeune, l'âge de Thomas pratiquement. Il tenait encore deux livres dans les mains.

" désolé, je faisais un peu de rangement ! "

Sur son bureau, un vieux carnet était ouvert, j'ai voulu regarder mais il s'est empressé de tout prendre et mettre dans un tiroir. Je suis partie fouiller les rayons, je voletais d'étalage en étalage. J'adorais cette odeur de vieux livre qui s'échappait de tous ses rayons, ses feuilles jaunies qui donnaient l'âge aux livres. Et puis je suis arrivée devant une vitrine, une plume y était exposé, elle était d'un blanc éclatant, de l'encre noir était posé à côtè. Je voyais à travers la vitre Thomas et Etienne en train de discuter. J'ai imaginé Thomas avec la plume... ça collait pas vraiment.. En revanche, son ami. Je me suis mise à pouffer discrétement. Et puis j'ai remarqué qu'Etienne paraissait contrarié, il a pesté et s'est éloigné. Thomas a sans doute dû le vexer. Ils m'ont regardé tous les deux. J'ai demandé si quelque chose n'allait pas mais je n'ai jamais eu de réponses. On est ressorti de la boutique peu après, Thomas avait fini par s'acheter trois livres.

Vers midi, Thomas a décrété que je devais manger avec lui. Nous sommes allés chez le traiteur chinois pas très loin du centre ville, c'est pas cher et on y mange bien alors autant profiter. J'ai pris des nems, des nouilles sautées et un coca pendant que Môssieur se mettait d'accord avec lui-même sur le nombre de beinets de crevettes et de porcs. On s'est installé à une table à l'écart des autres. On a commencé à manger, en temps normal la nourriture est bonne mais le fait de ne pas payer , je la trouvais meilleure encore que d'habitude. Thomas, lui, picorait dans son assiette.

" T'as pas faim ? ai-je demandé les yeux brillants

- pas vraiment... vas y prends mon assiette "

Il m'a tendu son assiette que j'ai prise avec gourmandise. J'ai recommencé à manger pendant qu'il m'observait.

" Ma soeur débarque ce week end, m'a-t-il annoncé, elle dort à la maison, j'ai pensé que ça te ferait plaisir de la voir alors si tu veux tu peux venir dormir aussi. Enfin, c'est vraiment si tu veux.

- Et comment que je veux, ai-je répondu enthousiaste, ça fait tellement longtemps que j'ai pas vu Isabelle ! C'est génial ! Mais comment ça se fait qu'elle vient ? C'est pas encore les vacances pourtant... Elle vit pas chez ton père"

Thomas a grogné.

" Richard se fait opérer, il ne veut pas la laisser seul donc elle vient vivre avec nous quelques temps.

- pourquoi tu appelles toujours ton père par son prénom ? ai je demandé

- parce qu'il n'est plus mon père depuis un moment..."

Thomas a empilé les assiettes, il s'est levé et les a amenées au comptoir. Il a repris son manteau, nous sommes sortis du restaurant sur une dernière courbette de la serveuse.

...




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