La Bonne Amie (suite11)  (La Bonne Amie) posté le vendredi 07 novembre 2008 19:43

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A son retour, Thomas était accompagné. Il expliquait à son interlocuteur que sa soeur et l'amie d'enfance de sa soeur étaient là pour le week-end. Dire que cinq minutes auparavant j'étais sa "meilleure amie" et maintenant j'étais l'amie d'enfance de sa soeur, ce garçon est sans coeur. Il a ouvert la porte et est entré, il a ralé en voyant la console encore allumée. Etienne le suivait, écharpe noir, sac de cuir rapiécé, cheveux emmêlés, il avait l'air surpris de me voir. Thomas a ri en s'excusant de ne pas l'avoir prévenu que j'étais l'amie d'enfance en question. Il lui a ensuite présenté sa soeur, installé des oreillers par terre et ils se sont tous deux installés à nos pieds, ce qui était assez valorisant, j'a toujours rêvé de voir un homme à mes pieds, alors deux.

Nous avons passé l'après-midi assis à discuter de tout et de rien, on refaisait le monde en mangeant quelques sucreries, on s'inventait un royaume merveilleux. Ca nous semblait important, délassant, on s'évadait tous ensemble loin de notre réalité. Le seul défaut dans ces conversations était mon manque flagrant de cultur et d'ides, Thomas me taquinait gentiment pour rectifier mes erreurs et je boudais par amusement. Il se faisait toujours pardonner par un baiser claquant sur ma joue. Je ne pensais plus à mes soucis si puérils, j'étais vraiment bien, presque complétement heureuse. Je n'avais pas envie que ça se termine.

Vers 19h00, Thomas a insisté pour qu'Etienne reste avec nous. Moi, je dormais sur place alors la question ne se posait même pas. Nous étions seuls pour la soirée, la mère de Thomas travaillait de nuit à l'hôpital, alors une personne de plus ou de moins n'allait pas la déranger. Etienne, au départ peu enthousiaste, a fini par accepter. On a décidé de regarder un film, le tout était alors de choisir quel genre de film. Les deux frangins avaient envie d'une comédie grotesque pour se détendre totalement, personellement j'avais envie de quelque chose de plus fin et apparemment je n'étais pas la seule car Etienne a appuyé mon refus face aux comédies fades qu'ils nous proposaient. Sa soeur a fini par proposer un film romantique, Thomas a fait semblant de mourir en entendant la proposition et moi j'avais déjà eu mon compte d'histoire d'amour en ce moment. Alors finalement on a fini par ne rien regarder du tout, on est resté asssis à farfouiller dans les piles de DvD, et dans le programme télé, en quête d'une sorte de graal télévisuel que nous n'avons jamais trouvé.

Plus tard dans la soirée, Thomas a pensé que sortir serait sans doute une activité beaucoup plus amusante. J'ai directement bondi sur la proposition, il a un peu fallu secouer les deux autres mais en quelques minutes nous avions déjà quitté l'habitat de mes amis. Etienne nous a ammené à sa voiture, elle était très inconfortable et assez vieille, mais elle roulait et c'est tout ce dont on avait besoin. Les sièges étaient dans une espèces de moquette qui irritait, il y faisait froid, à la vitre il y avait un petit sapin jaune qui pendait, et un petit nounours était accroché au dessus de la boîte à gant. Etienne et Thomas était à l'avant, mon amie et moi à l'arrière enroulé dans une des couvertures qui trainaient sur la banquette.

On est parti dans le centre-ville, il était bondé comme toujours. On pouvait y croiser des couples qui se tenaient tendrement la main, des groupes de jeunes avec certains plus ivres tenus par les autres, et des gens seuls rentrant chez eux les mains dans les poches. Etienne s'est garé sur la première place libre qu'il a vu. On est sorti de la voiture. Je me suis étirée manquant de frapper le blondinet. On a marché, j'avais la tête enfoncée dans mon manteau àcause du vent. Etienne a retiré sa belle écharpe noire et m'a stoppé. Thomas et sa soeur continuait tranquillement leur route. Etienne s'est tourné vers moi et m'a noué son écharpe autour du cou, j'avais les joues rouges, était-ce dû au vent glacial ? Je ne savais pas trop. Son écharpe sentait le parfum bon marché, l'odeur piquait un peu les narines, respirée à plein poumons, elle devait écoeurante, et pourtant je l'aimais bien. Je lui ai fait un grand sourire et je m'apprêtais à le remercier quand Thomas, bien loin devant, nous a appelés :

" He ! vous deux ! Magnez-vous bon sang !

- on arrive..." a répondu Etienne avant de repartir dans leur direction en pressant son pas. Je l'ai suivi doucement, en positionnement bien l'écharpe devant mon nez, et j'ai pris mon temps, de toute manière ils m'attendaient.

 

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