Quand j'ai émergé de mon demi-sommeil, nous étions déjà arrivés chez Thomas. Sa mère m'a prise dans ses bras et a collé, sur chacune de mes joues, un gros baiser humide. Elle était heureuse de me voir. La soeur de Thomas devait arriver à 13h30. Cela nous a laissé le temps de manger. A la fin du repas, j'ai voulu proposer mon aide pour débarasser mais se mère me l'a interdit. J'ai donc profité de la situation et j'ai regardé Thomas s'occupait des corvées pendant que j'étais confortablement assise sur ma chaise.
Une fois le nettoyage fini, nous avons laissé sa mère seule et nous sommes partis dans sa chambre. Je n'y étais pas allée depuis longtemps et pourtant, elle me semblait toujours autant familière. Les murs étaient toujours blancs et le parquet toujours foncés, et les rideaux, lampadaires et lits toujours dans un verre éméraude qu'affectionnait beaucoup mon meilleur ami. Au mur il avait collé une multitude de photos qui, vu de loin, formaient une immense vague noire et blanche. Il avait mis un an à réunir les photos et à la créer et le résultat était des plus sympathiques. Sa chambre était extrémement bien rangée. Thomas s'est approché de la téléviosion, l'a allumée ainsi que la console et il m'a tendu une des manettes. Nous avons joué à peine une demi-heure. Sa mère nous a appelé ce qui tombait bien, Thomas perdait et en devenait désagréable.
J'ai couru dans les escaliers, Thomas me suivait d'ue démarche non chalante, les mains dans les poches, il soufflait, il aurait ajouté un "putain fait chier ! ", je n'aurais même pas été étonnée. Sa soeur venait d'arriver. Elle avait les cheveux détachés qui tombaient avec beaucoup d'élégance dans son dos, une jupe violine était caché par son manetau en velours bleu foncé, il avait de gros boutons blancs pour le fermer. Elle portait un béret de la couleur des boutons, et des chaussures vernis qui remontaient jusque ses chevilles. Elle ressemblait beaucoup à son frère : elle était belle, d'une allure imposante et arrogante, et elle était habillée dans son propre style qui lui allait à ravir. On l'a laissée se dévêtir avant de lui dire tour à tour bonjour. Elle ne semblait pas surprise de me voir, elle avait été prévenue par sa mère que je restais pour la voir ce week-end. Elle en semblait ravie contrairement à Thomas qui l'a prévint que j'étais plus son amie à lui que celle de sa soeur, ce qui a entrainé une chamaillerie. C'était assez valorisant de les voir se battre pour savoir qui je préférais. Nous sommes tous les trois retournés dans la chambre de Thomas.
Dans l'après-midi, Thomas a reçu un appel, il a parlé une longue demi-heure en laissant le jeu en pause. Il nous souriant avec amour alors que nous attendions dans le silence le plus total que Môssieur daigne reprendre le jeu. Lorsqu'il a enfin raccroché, il s'est levé, a mis son téléphone dans sa poche et nous a regardé en riant.
" Vous allez me tuer... Je dois partir ! "
Sa soeur a pris un oreiller et lui a jeté dessus avec violence en hurlant que c'était un fumier. Evidemment Thomas a réussi à l'éviter et nous l'a renvoyé avec autant de force. Sa s'est jeté sur lui, mais elle était trop légére, il n'a pas eu trop de mal à la repoer sur le lit, je lui ai donc prêté mon aide. Nous nous sommes battus quelques minutes avec les oreillers, se tapant avec bonne humeur dessus jusqu'à ce que Thomas ait trouvé le moyen de nous bloquer et de fuir comme un lache. Ce qui était dans sa nature, toutes les femmes qu'il avait connues, ce garçon courageux les avaient jetées soit par sms, soit par email. En fait, Thomas est un beau salaud mais c'est aussi mon meilleur ami alors je l'aime quand même. Mais il n'a vraiment pas de coeur avec la gente féminine, ce n'est peut être pas un mal que sa pouf l'ait abandonné.
Bref, sa soeur et moi étions assises comme deux connes sur son lit avec la télévision qui nous montrait un écran noir où luisaient de lmagnifiques lettres jaunes qui formait le mot "PAUSE". J'ai fini par demander ce qu'on pouvait bien faire pour tuer le temps, elle ne m'a pas répondu. La dernière fois que nous avons été seules toutes les deux, nous avions une dizaine d'années, nos conversations n'étaient alors que jeux d'enfant. A ce moment là, je cherchais en vain un sujet de conversation potable. Un silence pesant s'est installé, je regardais mes doigts, mes pensées voyageait d'un théme à l'autre sans parvenir à y rester. Elle a tout de même fini par me demander depuis combien de temps je cotoyais son imbécile de frère. Alors je lui ai raconté ma solitude au collége quand elle est partie, et j'ai continué jusque les années au lycée. Elle m'a raconté ce qu'elle avait dû subir et ses petites anecdotes qu'elle a vécu auprès de son père. Nous étions enfin en train de discuter. La glace n'était pas si dur à briser en fait.