La Bonne Amie (suite7)  (La Bonne Amie) posté le lundi 30 juin 2008 15:37

annabelle, etienne, grégoire, je, livres, thomas

 

Depuis que le petit playboy de ces dames avait pris la défense d'Annabelle, son prestige avait encore augmenté. Il était LE prince charmant à l'état pur, le seul, l'unique. Annabelle passait son temps à vanter ses mérites ce qui avait tendance à m'agacer plus qu'autre chose. Je ne connais rien de pire qu'une fille amoureuse; elle vous bassine les oreilles avec l'amour de sa vie, parce qu'évidemment elle en est sûre, elle va se marier, avoir des enfants, une maison avec une petite haie blanche et un chien nommé Tobi et, en apothéose, ils mourront ensembles. Elle vous énumére ses qualités, même s'il n'en posséde aucune. Il est systématiquement beau, viril et exceptionnel, si original par rapport aux autres, il sort tellement du lot que vous ne pouvez même pas le différencier de ses amis, il a le QI d'une poule et est aussi viril que vous... Mais vous ne pouvez pas comprendre ! La chose la plus insupportable reste tout de même l'interprétation de ses moindres gestes, car évidemment la demoiselle en est sûre, chacun d'eux est une preuve de leur amour. "Regarde il se cure le nez, je suis sûre qu'il pense à moi ! "... C'est beau l'amour... Une fille amoureuse c'est la huitiéme plaie d'Egypte, et j'étais en train de la vivre.

Elle me noyait de Grégoire, et quand elle n'en parlait pas c'est parce que Môssieur était à portée de vue. Dans ce cas-là, elle le fixait, la bouche ouverte, les yeux grands ouverts, les joues rouges, bref... un air plus que ridicule. Elle se cachait derrière moi pour qu'il ne puisse pas la voir. Je dois avouer qu'au départ je trouvais son attitude très amusante mais au bout d'une centaine de fois, j'avais envie de la pousser sur lui pour que cette histoire soit réglée une fois pour toute, ce n'était pas les occasions qui manquaient en plus. Je ne sais comment, il se retrouvait toujours à passer près de nous, et Annabelle se cachait dans mon dos, rapetissait à vue d'oeil. J'avais envie de la gifler, pourquoi n'allait-elle pas le voir ? Et puis, elle s'est enfin décidé à le contacter, ce que je trouvais génial, sauf qu'elle voulait passer par moi, ce qui était déjà moins plaisant. Elle m'a supplié des heures entières pour que je récupére une stupide adresse internet, histoire qu'elle discute avec lui et blablabla et blablabla. J'ai tout de même fini par céder peu avant le cours d'anglais.

Malheureusement pour elle, avant que je ne rejoigne son cher et tendre, j'ai reçu un appel étrange de Thomas. Officiellement il m'appelait pour me rappeler qu'il venait me chercher samedi et que je devais dormir chez lui mais sa voix était chevrotante, faible et contrairement à d'habitude il n'articulait absolument pas.

" Thomas, ça va pas ? t'as une voix bizarre.

- si, si, ça va, la pêche, m'a-t-il dit sans joie

- T'es sûr ? Tu veux que je passe après les cours ? tu veux parler ?

- non, non t'inquiéte pas ! passe pas ça ira !"

Il a raccroché avant même que je puisse lui redire quoi que ce soit. Ni une ni deux, j'ai pris mes affaires et j'ai quitté le lycée, tant pis pour les cours, tant pis pour l'adresse de grégoire et tant pis pour Annabelle. Thomas avait réellement besoin de moi, je le sentais. Si Thomas souffrait, je souffrais. C'était mon grand-frère spirituel, mon frère de coeur.

J'ai pris les transports en commun et en à peine quarante minute j'étais devant les portes de son université. Elle était découpée en plusieurs parties : un pôle scientifique, une aile littéraire, artistique... Chacun y avait sa place. Ce que j'ai toujours trouvé séduisant dans cet endroit c'est le mélange des élèves, ils avaient tous l'air très différents et pourtant ils se mélangeaient les uns les autres. Ca avait l'air si libre, chacun pouvait s'afficher comme il  voulait, se montrer tel qu'il était, ça me changeait du lycée où on se catalogue par genre : d'un côtè les "fashion" qui prennent de haut les rappeurs, qui eux méprisent les skatteurs qui détestent les personnes habillés "classiques", qui ont la trouille des gothiques, qu'on repère facilement comme les babacools... Bref, un catalogue de gens qui ne se mélangent pas ou très rarement dans des cas particuliers... des conneries ! Moi, j'ai toujours adopté le look rien-à-foutre, en gros vous vous levez le matin la tête dans le paté, vous prenez au hasard ce que vous avez dans votre armoire et voilà ! Vous achetez vos vêtements juste par coup de coeur et non pas parce que c'est super tendance d'être comme ça et voilà ! Evidemment ça a ses inconvénients, parfois on me jette des cailloux en me traitant de clocharde, mais bon ça prouve juste que certains sont réllement cons et rien d'autre. J'enviais donc ce mélange de tous les genres en me remémorant les propos de Thomas qui m'avait dit de ne jamais accorder trop d'importance à ces impressions, qu'on était tous humains et qu'à fonder trop d'espoir je finirais par être déçue de trop de choses. Mais je n'y pouvais rien, ce que je ne peux atteindre m'attire et quand je parviens à l'avoir, je me rends compte que c'est pareil que ce que j'avais avant mais en plus grand. Je suis comme ça c'est ma nature. Et lorsque ça arrive, il faut me ramasser à la petite cuillère.

Je contemplais l'architecture des bâtiments lorsqu'une voix moqueuse et des gloussements m'ont sortie de mes pensées. J'ai tourné la tête vers la provenance de ses bruits irritants pour me retrouver nez à nez avec la nouvelle ex de mon meilleur ami.

" Tiens, mais c'est le petit chienchien de Thomas, m'a-t-elle lancé avec mépris, une main posée sur sa hanche, toujours fidèle à son maître.

- fidèle... au moins tu connais le mot, il ne te reste plus que le sens maintenant...

- très drôle ! Thomas serait-il venu pleurer dans tes jupettes petite fille ? Enfin, tu perds ton temps à venir ici..."

Elle est passée devant moi sans ciller suivie de ses amies, je l'ai regardée, exaspérée, en lui montrant bien qu'elle me faisait pitié plus qu'autre chose. Je l'ai suivi du regard jusqu'à ce qu'elle disparaisse complétement de mon champ de vision.

Soudain, j'ai senti quelque chose de lourd s'abattre sur mon épaule, mon coeur a accéléré, j'ai laissé s'échapper un hoquet de surprise. Etienne s'est posé devant moi, me demandant s'il m'avait fait peur avec un petit ton inquiet. J'ai ri en lui précisant que ce n'était rien, j'étais juste surprise. Il m'a demandé ce que je faisais là, je lui ai donc expliqué que j'attendais Thomas alors il m'a proposé de venir dans le hall, s'installer autour d'une des tables et d'attendre ensemble si je n'avais rien contre sa compagnie. J'ai évidemment accepté, quitte à attendre, je préfére le faire accompagnée par quelqu'un qui semble intéressant. On a avancé jusque la grande porte en verre du hall en passant par les petits chemins de cailloux blancs. On est entré, la salle était immense, quelques groupes s'étaient déjà installés sur deux, trois tables, mais il en restait encore une petite dizaine de libres. On s'est assis autour de la table la plus éloignée, on s'était un peu isolé dans un coin, mais cela nous permettait de voir toutes les sorties de l'université , ce qui m'empécherait de rater Thomas. Etienne a posé son sac en cuir, rapiécé, sur la table. Il y avait chez ce garçon quelque chose de fascinant dans son allure, il avait l'air tellement anachronique, il m'aurait parlé de sa vie à l'époque de napoléon, je n'aurais pas été choquée. Je le fixais apparemment car il m'a demandé s'il avait quelque chose sur son nez. Un silence s'est imposé, on cherchait tous les deux à le briser sans parvenir à trouver un sujet adéquat jusqu'à ce que je parle de la librairie.

" Elle appartient à mon oncle, m'a-t-il expliqué, j'y travaille de temps en temps, enfin tout le temps en fait, j'adore être entouré de livres. Il ne vend que des vieux livres, que des vieils éditions, je trouve ça intéressant de pouvoir les feuilleter comme ça, a-t-il continué avec des étoiles dans les yeux, je dois paraître un peu fou mais j'adore me retrouver dans ce magasin avec l'odeur de tous ces vieux bouquins, ces pages jaunis.

- Non, je comprends assez, j'adore ça aussi... Ca me rassure, je me sens moins seule, jusqu'à présent j'avais l'impression d'être bizarre quand j'évoquais cette passion, si je peux appeler ça comme ça."

Il a ri, nous avons discuté littérature pendant un moment, où plutôt il parlait et je l'écoutais. Il était en lettres modernes, il s'y connaissait en écrivains et en bons romans, je prenais des notes sur ce qui était susceptible de m'intéresser. On sentait qu'il se sentait très concerné par ce qu'il racontait, il était passioné. Je lui ai raconté ma vision de lui en écrivain à la bibliothéque avec cette fameuse plume blanche, il a rougi et s'est dit flatté, ensuite il a joué au modeste en me racontant qu'il était incapable d'écrire quoi que ce soit. Nous arrivions à un point très intéressant de notre conversation quand Thomas est arrivé. Rapidement, j'ai été déçue de le voir apparaître mais très vite je me suis rappelée pourquoi j'étais venue. Je lui ai fait de grands signes, il a froncé les sourcils en me voyant.

" Je t'avais dit que ça servait à rien de venir me voir après tes cours ! C'était pas pour te voir maintenant ! a-t-il grondé

- Eh oh! Tu commences pas à m'engueuler ! ai-je répondu un peu trop agressivement peut être, c'est de ta faute si je suis là !

- ma faute ? Comment ça ma faute ? Je t'ai jamais dit de venir ! Je vois pas en quoi ce serait ma faute , t'inverse les rôles là !

- hein ? Et c'est qui, qui m'a appelé comme un malheureux ? Je me suis inquiétée moi après ! "

J'étais juste en face de Thomas, il m'a prise dans ses bras et a embrassé mon front.Notre petite dispute de vieux couple venait de finir. Il m'a gratté la tête et a salué Etienne. J'ai récupéré mes affaires et j'ai dit au revoir au jeune étudiant qui s'est levé pour me faire la bise. Thomas m'a pris le poignet et m'a emmenée hors de l'université, jusqu'à un petit café au détour d'un carrefour.

 

...

Partager

Déposez un commentaire !

(facultatif)

(facultatif)

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.103.63.62) pour vous identifier.     

Aucun commentaire pour l'article:
La Bonne Amie (suite7)


 

Accueil | PC | PS3 | 360 | Wii | PS2 | DS | PSP | Web |
Jeux du moment : Les Chroniques de Spellborn PC | Manhunt 2 Wii | Mushroom men : Les Premiers Champignhommes DS | Resident Evil 5 PS3 | Resident Evil 5 360