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Bienvenue  (Notes de Neige) posté le samedi 19 janvier 2008 14:37

Tout d'abord je vous souhaite la bienvenue sur ce blog intitulé "ma plume". C'est le "recueil" de petites histoires que j'ai écrites, elles ne sont pas particulièrement recherchées mais elle me plaise assez pour que je les fasse partager.

J'espère que vous allez aimer.

J'ai enlevé la fonction commentaire car je ne vois pas trop l'intérêt d'en avoir sur mes écrits, si j'ai des visites c'est que j'ai des lecteurs et si je n'en ai pas et bien... tant pis.

Néanmoins, si vous voulez vraiment me contacter en dessous de profil, il y a un lien noté écrire un message.

Je tiens aussi à préciser que ce blog sera édité de manière irrégulière, je ne peux malheureusement pas passer mes journées à écrire et je ne suis pas toujours très disposée à réécrire ou écrire mes suites sur l'ordinateur. Néanmoins je tenterai de mettre au moins un article par mois.

Sur ce je vous souhaite une bonne lecture.

 

Neige

 

PS: j'ai mis en rouge ce qui a été publié le plus récemment.

 


 Nouvelle :


Histoire :


 Brouillon :

 

 

 

PS : J'ai supprimé l'histoire sims qui était ici... elle a été définitivement abandonnée.

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Lui  (Lui) posté le samedi 19 janvier 2008 14:52

La première fois que je l'ai vu, je l'avais regardé avec indifférence. Il était aussi banal que ceux qui l'entouraient. Puis il s'est tourné vers moi, m'a souri et je suis restée indifférente. Je me suis assise à ma place habituelle à côtè d'une amie. Lui, il était à deux places de moi et discutait avec son voisin.

Au début, lui et moi nous ignorions, nous faisions comme ci l'autre n'existait pas. Et puis, un jour, j'ai accepté de remplacer un camarade pour un travail de groupe. J'ai alors travaillé avec deux demoiselles que je connaissais plutôt bien, avec qui je riais facilement, et, comme par hasard, la dernière personne à former cet ensemble n'était autre que lui, j'ai donc appris à le cotoyer pendant plusieurs heures de la semaine, et c'est là que tout a basculé. J'étais assise à sa droite, de temps en temps nous discutions, de tout mais surtout de rien. Il me regardait avec un petit sourire en coin très charmeur, quand il voulait il pouvait paraître très mignon, et même s'il ne le voulait pas, je commençais à le trouver mignon indépendemment de ce sourire qui me faisait fondre intérieurement.

Malheureusement, cette gueule d'amour si sympathique lorsque nous étions ensembles ne restait pas lorsque ses potes, ces mecs si virils, étaient présents, et de camarade je suis passée à jeune-demoiselle-persécutée-par-un-affreux-vilain-satyre-prépubère. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, il réussissait à me mettre en colère, à me faire rougir de honte, à me sentir bête, à me comporter comme une enfant, et à accélérer mon rythme cardiaque. Ma meilleure amie, à force de nous voir ainsi, m'avait dit : " Un jour vous finirez mariés ! " . J'étais restée silencieuse mais intérieurement je l'étranglais.

Les mois ont passés, il me taquinait encore, et encore, et encore, ... et moi, j'étais de plus en plus agacée. Pourquoi arrivait-il à me faire sortir de mes gonds ? Moi, qui d'habitude, énervais les autres et restais impassible, je subissais ce que les autres vivaient. Ca devenait vraiment problématique, surtout qu'il revenait dans chaque conversation que je pouvais avoir avec mes proches. D'ailleurs parlons-en de mes proches, l'une de mes amies a tenté de jouer les cupidons, elle lui a tout simplement dit que je l'aimais, que je rêvais de faire un bout de chemin à ses côtès, et bien sûr, elle ne m'avait strictement pas prévenu de ses confidences. Par chance, cette action m'a permis une micro-vengeance : Monsieur est venu pour me narguer, sans doute, il a commencé à tater le terrain gentiment comme un chaton jouant pour la première fois avec une pelotte de laine, touchant la pelotte, reculant de quelques pas et revenant à la charge. Mais, pour une fois, je paraissais calme, sûre de moi bien que mon coeur battait la chamade. J'ai fait l'ignorante, je l'ai poussé à me révéler ce que je savais déjà et une fois qu'il eut laché les armes, je lui ai donné le coup de grâce en l'humiliant publiquement. Fière de moi, j'avais pris place sur mon siège qui, d'un coup, est devenu l'égal d'un trône.

Les vacances sont arrivées et pendant deux mois j'ai tué mon ennui avant de reprendre une vie pleine d'activités. Evidemment il était de retour lui aussi, mais il avait changé. Il ne me taquinait plus ou du moins plus de la même façon. De temps en temps j'avais droit à une petite attaque qui frolait parfois le harcélement sexuel mais j'avais décrété que j'entrerais dans son jeu, ce qui marchait plutôt bien. Hélas, il allait souvent dans des terrains trop glissants pour moi et gagnait souvent la partie. D'un point de vue extérieur je ne sais pas comment on pouvait percevoir nos échanges, peut être du flirt ? Non, je ne pense pas, juste un jeu entre deux amis. Quoi qu'il en soit, chaque mardi j'étais pressée de le voir car c'était le seul jour où pendant une heure et demie je pouvais l'observer discrétement. Parfois il ne venait pas alors je restais à guetter un mouvement de la porte craignant à la fois de le voir et de ne pas le voir. Et l'année s'est poursuivie, ne changeant rien à cette situation qui devenait génante pour moi.

L'année suivante, je ne l'ai pas revu, et celle d'après non plus. Il faut dire que cette année là j'ai déménagé : je suis partie pour la grande ville. Je n'ai plus pensé à lui pendant ces deux années, à vrai dire je pensais même l'avoir oublié pour toujours. Je me suis lié d'amitié avec mes nouveaux compagnons de classes qui ne sont restés que des amis ou de vagues connaissances. J'ai grandi, je me suis féminisée un peu plus tout en gardant un caractère exécrable.

Et puis un mercredi de ce début de troisiéme année d'oubli, je suis allée à la bibliothéque avec une de mes nouvelles amies pour travailler sur un projet en commun. Je n'avais jamais mis les pieds dans cette bibliothéque auparavant et je le regrettais déjà, l'atmosphère était plaisante, calme, studieuse, c'était un havre de paix. Nous sommes allées dans la salle de lecture, nous nous sommes assises à la première table. Mon regard en a croisé un autre et mon coeur a explosé. Il était là, en face de moi, assis, à me regarder en se demandant si on se connaissait. J'ai été me re-présentée, nous avons discuté quelques minutes, je l'ai laissé travailler, je suis repartie à mes propres activités. En rentrant j'ai prévenu mon ancienne meilleure amie qui me répondit " ah ah ! encore un signe du destin, vous finirez ensembles, j'en suis sûre ! ". Ma réaction a été de répondre " n'importe quoi ! "

Tous les mercredis de cette année là, je me suis retrouvée à la bibliothéque, trouvant le moindre prétexte pour aller y étudier. Je n'attendais qu'une chose, qu'il vienne, qu'il me fasse la bise, qu'il me dise "ça va ? ", qu'il fasse semblant de s'intéresser à la réponse, qu'il me laisse seule, et qu'il aille s'asseoir à une table où je pouvais le guetter en me cachant derrière mes feuilles. Les amies qui m'accompagnaient ne m'ont jamais rien dit sur le comportement étrange que j'adoptais lorsqu'il était présent, pourtant elles me connaissaient assez pour savoir que je n'aimais pas particuliérement faire la bise aux gens, que la question " ça va ? " avait toujours droit à une réponse ironique ou un jeu de mot stupide, or avec lui je ne me comportais absolument pas comme ça. Et durant cette année, rien ne s'est produit... juste des bonjours, des sourires timides et son air charmeur. Et puisque j'avais de l'ambition et du cran, je suis partie à la fin de l'année étudier pendant plusieurs années à l'étranger.

Là encore, je n'ai plus pensé à lui. Bon peut-être un tout petit peu au début, en regrettant de ne pas lui avoir avoué quoi que ce soit, de ne pas avoir crié ce que mon coeur voulait hurler... Pourquoi ne l'ai-je jamais fait ? Ma raison a très vite chassé cette question. J'ai travaillé, étudié, lié de nouvelles amitiés avec bien d'autres personnes, appris à connaître les cultures qui ne sont pas de chez "moi". Je me suis amusée, j'ai encore évolué dans ma façon de parler, dans ma façon de voir le monde. Et c'est avec regret que j'ai dû revenir en France avec une base de connaissance, un diplôme et un métier qui m'attendait déjà.

C'est tout de même sereinement que j'ai entamé ma vie active qui m'a fait dire adieu aux fêtes, aux soirées de beuveries, à l'amusement, aux manques de sérieux et à l'argent de mes parents qui subvenaient à tous mes besoins lors de mes études. Au début, je n'avais qu'un petit poste pas très important avec un salaire aussi grand que le poste mais je n'aime guère être reléguée au second plan, je me suis battue et au fil du temps j'ai gravi des échelons et je suis devenue l'un des piliers de mon boulot. Je vivais une vie tranquille, routinière, bercée par le travail et... le travail. Le cas typique du "Metro, boulot, dodo". Je sortais peu, me relaxais le soir avec un pot de glace à la vanille et une télévision continuellement branchée sur les chaînes dédiées au cinéma, le tout accompagné du ronronnement incessant de mon chat. J'avais l'impression d'être une héroïne de sitcom américaine encore célibataire et ayant la trentaine. Ou l'héroïne d'un film britannique mais en version française et réelle.

Une de mes collégues m'invita un soir à une fête chez une de ses amies, une fête entre amis d'amis célibataires, étant célibataire elle aussi elle préférait venir avec une personne qu'elle connaissait qu'y aller seule comme une pauvre malheureuse. Je n'étais pas vraiment enthousiasmée pas l'idée mais l'appel de la fête résonnait en moi et la dernière fois que j'avais réellement joué les fétardes datait de mes années d'étudiantes. Je n'ai pu que succomber.

Nous y sommes allées, il y avait de la musique assourdissante et pas vraiment de qualité, un nombre incalculable de couples déjà formés et... un bar. J'ai campé devant un verre rempli à ras bord que je contemplais sans penser à le vider. C'est alors que j'ai senti mon prénom se glissait avec délicatesse dans le creux de mon oreille et me chatouillait les tympans. Je me suis retournée et il était là, vous connaissez le dictons jamais deux sans trois, je le revoyais enfin après tant d'années. Il était plus agé évidemment, il avait des rides sur le côtés des yeux, ce qui n'atténuait en rien son sourire qui m'a fait fondre à l'instant même où je l'ai revu, il vieillissait bien, il devenait de plus en plus beau, il était même magnifique. Je me suis sentie redevenir une jeune adolescente qui rencontre pour la première fois de sa vie une personne de sexe opposé. Il m'a fait la bise, m'a sorti une phrase bateau de ce genre : "quelle surprise de te voir ici ! " , j'ai souri, incapable de prononcer une parole cohérente. Je me giflais mentalement et d'un coup je ne sais pas ce qu'il m'a pris sans doute poussé par ce coeur qui prenait enfin le dessus sur la raison, dans un style qui m'était totalement propre, je lui ai demandé s'il voulait bien me payer un café. Le plus étonnant dans cette affaire c'est qu'il a aquiscé, en m'anonçant que je lui retirais les mots de la bouche.

On a quitté la salle, on a marché dans la rue dans le silence pendant un laps de temps très court car nous sommes entrés dans le premier café que nous avons vu. On s'est installé à une table près de la fenêtre, on a parlé de nos études, des gens qu'on a rencontré, des anecdotes, du passé en commun, des blagues de potache qu'il avait osé me faire subir. Il souriait, je riais, on était beau. J'avais l'impression de rêver. J'ai parlé de mon travail, il m'a posé la question qui fache : " Comment vont tes amours ? ". La question que je redoute le plus lorsqu'elle vient de ma famille, me faisait maintenant faire la danse de la victoire. Je lui ai bien précisé que j'étais seule, que je vivais seule, que le seul mâle que je cotoyais avait quatres pattes et ronronnaient et que notre amour resterait platonique. Là, il me flatte, s'insurge contre la gente masculine de me laisser seule, gronde contre ses fous qui ne me voient pas. Il m'amuse, il fait accélérer mes battements, il me donne envie de l'embrasser. Par politesse, ou par intérêt personnel, je lui fais timidement " et toi ? ". Il m'a tendrement souri avant de fouiller dans sa poche, il a sorti une photo et me l'a montrée. Il était dessus tenant un petit garçon dans ses bras agé de quelques mois, une magnifique brune à sa droite qui tenait amoureusement son bras. J'avais envie de vomir, envie de pleurer, envie de fuir. Le tableau idéal de la famille idéale, ce que je ne partagerais jamais avec lui. J'ai gardé une apparence sereine, détachée, joyeuse et ravie pour son bonheur. On s'est dit au revoir, on s'est promis de manger ensemble un de ces quatres. Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai pas le coeur à tenir cette promesse.

Je suis rentrée chez moi, j'ai retrouvé un apparetement vide, propre, dont la seule présence de vie est un chat ronronnant sur une table. J'étais anéantie, il s'était construit une véritable vie, Lui, il avait de quoi être heureux. Je n'avais vécu que dans mes souvenirs et mes rêves, je vivais dans une illusion. J'aurais été douée pour être une héroïne de film en fin de compte. J'avais oublié que la vie n'est pas un film sur écran géant. Je me suis effondrée sur le sol, et, pour la première fois de ma vie, j'ai pleuré pour un homme.

 

FIN

 

 

 




merci à un autre lui de m'avoir relu et permis de corriger quelques erreurs.

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La Bonne Amie  (La Bonne Amie) posté le mercredi 30 janvier 2008 22:55

            Je rêvais d'être quelqu'un d'exceptionnel, d'être une espèce de héros comme au cinéma, dans les films, ou dans les histoires. Cette personne insignifiante qui, sans rien avoir demandé, devient totalement extraordinaire. Passer de la personne banale à la célébrité qu'on adule, qu'on admire et que l'on envie. Mais tout le monde fait ce rêve.

 

            Malheureusement pour moi... Je n'ai aucun attribut digne des séries américaines : 1mètre 65 pour 68 kilogramme, bon d'accord c'est un poids encore assez normal mais je n'ai tout de même pas un ventre plat et je ne suis particulièrement grande. Je suis brune, ce qui est assez banal dans notre société occidentale, et j'ai les yeux noisettes... pour ne pas dire marron yeux de cochons. J'ai les pommettes trop hautes, les lèvres extrêmement fines, les yeux enfoncés, les sourcils droits qui me donnent un air très autoritaire, et un nez tout aussi droit. Le tout dans une peau cadavérique... Je suis un véritable canon !

            Dire que j'aurais tant voulu être rousse, pouvoir avoir une frange et des couettes, avoir des yeux bleus foncés ou noirs, une peau un peu plus coloré, des lèvres pulpeuses, mais pas trop non plus, et rouges foncées mais j'aurais aimé conserver mo nez, faire 1 mètre 65 pour 50 kilogramme, être le genre de fille qu'on a envie de protéger, petite, simple, à l'air faible. Mais mon genre à moi c'est : petite, bourrine à l'air féroce,... Autant dire que niveau prince charmant c'est... désertique.

 

            Heureusement j'ai tout de même des amis comme Thomas. Quand nous étions enfant, on était dans la même école et je jouais avec sa sœur. Quand on a 6 ans on est parfois bête, on refuse de jouer avec les garçons parce qu'ils nous tirent les cheveux. Et en grandissant ça ne s'arrange pas toujours.

            Au collège, sa sœur et moi avions été séparées, en effet elle est partie vivre avec son père lors du divorce de leur parent et Thomas a préféré rester avec sa mère. Il n'a jamais été très proche de son père, contrairement à sa petite sœur. Il était déjà en 4éme quand j'étais en 6éme et il passait son temps à discuter avec moi, se souciant de ma santé dans le bâtiment, c'est là qu'on a commencé à sympathiser et à devenir plus que le frère et l'amie de sa sœur.

            Au lycée, on était toujours ensemble, il avait redoublé sa seconde alors il n'avait plus qu'une classe d'avance sur moi. C'est là qu'on est réellement devenu des amis, ce qui m'a valu quelque problème. Il était la coqueluche des femelles du lycée. Dans un sens c'est compréhensif, il est mignon, a des airs d'ange... Oh de loin moi aussi j'aurais pu craquer pour lui mais lorsqu'on le connait plus intimement, on déchante vite : plus misogyne, cynique et tête à claques que lui je n'ai jamais connu. Mais malgré ses défauts il est devenu mon meilleur ami... ou grâce à ses défauts, je ne sais plus. Lui et moi, nous étions un duo d'enfer, un peu comme Batman et Robin, Batman c'est lui et je suis Robin, bien que les collants verts ne m'attirent pas plus que ça.

 

            Ensuite, il y a Annabelle, je l'ai connue en seconde, elle s'est assise à ma droite en histoire et depuis on a toujours été fourrée l'une avec l'autre. Annabelle représente tout ce que j'aurais aimé être : elle est naïve, calme et attends toujours qu'on lui tende la main, sans doute dû au fait qu'elle soit fille unique. Elle a de grands yeux d'un vert éclatant entourés de longs cils qu'elle allonge encore avec son mascara, son nez est en trompette, tout petit et pointu en plus d'être constellé de tâches de rousseur, sa bouche, son seul défaut paraît-il, donne l'impression d'avoir été dessiné par un peintre avec un crayon rose. Malheureusement elle passe son temps à la peinturlurer en rouge brillant et à écraser son gloss à la framboise dessus. Elle coiffe toujours ses longs cheveux noirs soit en faisant des couettes, soit en faisant deux choux sur le côté de sa tête et dans ce cas là je l'appelais Leiah. Contrairement à moi, elle prenait grand soin de son physique au détriment de sa culture, son mental, et son intellect. En trois ans de temps, elle avait pleuré plus de fois sur mon épaule que toutes les personnes que je connaissais et toujours pour la même raison : un garçon. Elle tombait éperdument amoureuse dès le premier regard des mauvais garçons et bien sûr elle en pâtissait. J'ai tenté de la soutenir, de la prévenir mais rien à faire, son cœur accélère la cadence au premier vilain qui passe.

 

            Là, elle est célibataire mais amoureuse encore, d'un petit playboy d'opérette qui se promène continuellement avec une horde de pétasses mal fagotées, trop poudrées, et clonées les unes sur les autres. Je dois sembler vieux jeu mais quand on voit la dégaine de certaines, on regrette de ne pas porter l'uniforme. Personnellement la mini-jupe au dessus des fesses j'ai toujours trouvé ça vulgaire plutôt que sexy. Quel besoin a-t-on de voir les sous-vêtements des gens ? N'est-ce pas mieux d'imaginer ce que l'autre porte en dessous ? Non, je n'adhère pas à cette mode, autant se promener nu, l'effet sera pratiquement le même.

            Mais revenons à notre Dom Juan des temps modernes. Physiquement il est assez banal, c'est un garçon, ce qui veut dire, une tête, des yeux, un nez, une bouche, des cheveux,... comme tout le monde en somme. Là où il se démarque c'est dans sa façon d'être, ses cheveux châtain sont coiffés de manière décoiffée, ses yeux bleus pétillent de malice, son visage droit et pointu au menton permet à son sourire, qui forme de jolies fossettes, d'humidifier la culotte de certaines, et comme si ça ne suffisait pas, c'était bien l'un des seuls garçons de ce lycée à s'habiller de façon classe et décontracté avec ses pantalons noirs et ses chemises blanches. Il se la joue star endimanché dans son bel accoutrement. J'aurais été heureuse s'il n'avait été que bellâtre mais non, il fallait qu'il soit aussi intelligent. Par chance, je ne suis dans sa classe que lors des cours de langues où il sait tenir la conversation avec le professeur d'anglais et le professeur d'allemand, ce qui est écœurant, surtout quand vous tentez de vous en sortir dans ses deux matières avec peine. Mais il paraît qu'il est monstrueux dans chaque matière, il doit avoir une vie sociale épanouie et s'amuser le week-end.

            Je déteste cette idée d'être plus faible que lui, particulièrement lorsqu'il se retourne après que le professeur nous ait rendu un devoir surveillé et qu'il pose sa question préférée de sa petite voix de ténor : " Combien as-tu eu ? "

Là j'ai envie de lui répondre avec toute la hargne possible : " Mais bien sûr imbécile que j'ai eu moins que toi ! ".

Mais en général je ne fais que tendre ma copie vers lui et je l'écoute me répéter la même rengaine : " Tu feras mieux la prochaine fois " avec un sourire compatissant. Que croit-il ? Me réconforter ? S'il savait ! Cette phrase me donne envie de le gifler plus qu'autre chose. Je n'en veux pas de sa pitié, de sa fausse modestie, qu'il garde tout ça pour sa horde de fan, pour ses groupies sans cervelles, quel plouc ! Ah ! Je bouillonne, j'enrage. Heureusement il se retourne pour écouter la correction pendant ce temps je déprime, je gribouille sur ma feuille, je trace les lignes d'un pendu... Tiens ! J'vais l'appeler Grégoire. Je me sens calme d'un coup.

...

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La Bonne Amie (suite)  (La Bonne Amie) posté le vendredi 15 février 2008 16:01

La sonnerie a retenti  enfin, j'ai cru que ça n'en terminerait jamais. Je mets mes stylos dans la trousse que je ferme pour la claquer sans grand soin dans mon sac avant de sortir de la classe en courant. C'est la récréation, les élèves forment des tas  dans les couloirs, je suis obligée de slalomer entre eux, tantôt en m'écrasant sur le mur, tantôt en passant sous les jambes des plus grands. Au bout du couloir, je vois la bouille d'enfant d'Annabelle, elle est trop mignonne. Je descends les marches calmement, elle se jette dans mes bras et me fait un énorme câlin.

            " Tu m'as manqué ! crie-t-elle

- Annabelle; on ne s'est pas vu pendant un week-end

- c'est déjà trop long."

            Je ris, on s'assied sur les dernières marches de l'escalier. Il nous reste encore huit bonnes minutes avant de rejoindre ce qui nous sert de classe en Histoire. Elle commence à parler de son week-end chez sa grand-mère, une réunion de famille importante : sa cousine présentait son fiancé à la famille. Pauvre gars, devoir rencontrer les grands -parents, les oncles, les tantes, les cousins, les cousines, bref toute sa future belle-famille, je m'étonne qu'il n'ait pas pris ses jambes à son cou. Annabelle en est à peine à un dixième de son récit lorsqu'une voix de ténor ô combien désagréable prononce mon nom derrière mon dos. Je me retourne et sans étonnement je découvre Playboy. Annabelle rougit de la tête au pied, aussi écarlate que la plus belle des tomates OGM cultivées aux colorants.

            "T'as oublié ta veste en cours" me dit-il en souriant et en me tendant mon vêtement. Quelle idiote ! J'ai bien envie de me gifler. Je le remercie poliment sans insister plus que ça sur la gratitude que je lui dois, soi-disant, il me répond de rien en souriant toujours comme un crétin et repart au loin, son sac en bandoulière tape sur ses cuisses avec un rythme régulier. Je me tourne vers Annabelle, je la surprends en train de contempler avec énormément d'intérêt le dos de notre cher ami. Lorsqu'il disparait de son champ de vision, elle pousse un soupir de lassitude, ses épaules tombent, son regard est triste, elle fait la moue et déclare d'une voix déprimée : " Il ne me remarquera jamais. "

            La sonnerie retentit, les cours vont reprendre, je passe mon bras sur son épaule, ma veste sur ma propre épaule, et dans cette attitude de garçon manqué, je conduis la princesse jusqu'à notre salle de cours.

 

 

            La Mondialisation... On aurait pu trouver un sujet plus passionnant. J'écoute madame le professeur en mâchouillant mon crayon que je tourne de temps en temps pour ne pas m'endormir. Je suis affalée , dos sur le mur, ma main droite tapote ma trousse, je regarde ma voisine, une petite rousse. Je crois qu'elle s'appelle Mathilde, mais on s'en fout, moi tout ce que je veux c'est lui piquer ses cheveux. Annabelle est pratiquement allongée sur sa table, les yeux fermés, elle me donne envie de rire.

            La trouvant trop bavarde, cette chère madame Histoire/Géo l'a éloignée de moi... l'a isolée, bien bien loin de tout être doué de paroles. Pendant une heure, elle doit faire silence, un véritable supplice pour elle que j'ai toujours connu en pleine conversation. Pour tuer le temps qui s'accroche à la vie, je contemple une à une les personnes de la classes, une classe majoritairement de filles, chacune assez similaire à sa voisine. En grande partie elles écoutent le cours ou bavardent sur je ne sais quoi qui m'a l'air d'être on ne peut plus passionnant. Les quelques représentants du sexe masculin dorment ou font semblant d'écouter. Que de sérieux dans cette classe, s'en devient lassant. Je fais un petit coucou à Annabelle, elle me sourit, prend une feuille, arrache un bout et gribouille dessus, elle sort sa règle, crée une sorte de catapulte et envoie le petit bout de papier. Par chance, son morceau de feuille tombe près de moi, je n'ai aucun mal à le récupérer, je l'applaudis avant pour sa performance, elle me fait une légère courbette. Une fois le papier entre les mains, je le déplie et je lis ce qu'elle a écrit en Times new roman écriture taille 6 en plus du langage sms... Un roman sur une feuille de 5 cm², si ça ce n’est pas un exploit, je veux bien me nommer Géraldine. Sur son petit papier, elle me détaille son ennui, sa déprime et les charmes de celui que l'on nomme Grégoire, même absent il trouve le moyen de me faire... Je crois que je vais écouter le cours.

 

           

            Midi, l'heure de la libération a sonné, tel des vautours les élèves se ruent vers ce qu'on appelle la cantine... Vous saviez que la cantine c'est aussi une petite caisse ou malle employée par les militaires avec des compartiments pour ranger ses affaires, je trouve que ce nom va particulièrement bien au réfectoire de notre établissement. On n'y entre pas n'importe comment, d'abord, les surveillants vérifient votre emploi du temps, ensuite il y a un ordre de passage en fonction des classes. C'est propre, bien rangé, pas de bavures, ça me change de mon ancienne cantine où pour survivre à l'appétit bestial de ces chimpanzés enragés il fallait venir avec un casque, des genouillères et une crosse, enfin ça c'était pour les services de treize heure quand y a plus personne. Le problème avec le système militaire, c'est qu'il y a toujours des petits plaisantins pour tenir tête aux autorités en fonction, du coup on doit quand patienter pendant quelques minutes, en général on patiente en musique, vive les mp3.

            On arrive enfin devant la machine à plateau, on passe notre carte de cantine et elle nous offre avec toute la gentillesse qu'une machine puisse donner un merveilleux plateau grisâtre, humide car fraichement lavé, et en plastique. On prend un verre devenu blanc grâce au calcaire, une entrée en plastique, certes il y a la couleur mais le reste, des couverts, une serviette et le repas qui sera comme toujours infect. En général, dans le fond de la salle, il y a une table qui n’a quasiment jamais utilisé, alors au bout de trois ans c'est devenu notre table. On s'est assise, sans trop se presser, et on a commencé notre repas. Annabelle a repris le récit de son fameux week-end familial, je m'imaginais la scène de ce pauvre garçon, tout en ponctuant son récit de mes propres anecdotes sur le même sujet. Enfin, elle finit par me parler de Grégoire, encore... Comprenez-vous pourquoi il m'agace rien que par la vue ?

            " Tu te rends compte, il ne m'a même pas vu...

- Que veux-tu que je te dise ? C'est un garçon, faut pas trop lui en demander, tu te mettrais toute nue qu'il serait encore capable de te demander si t'as changé de coupe de cheveux, lui ai-je dit en tentant de l'amuser un peu,(oui je sais, mes blagues son assez foireuses).

- Oui mais quand même... Et t'aurais pu faire les présentations, tu le connais toi, a-t-elle commencé à gronder

- holà, je le connais, je le connais, je ne fais que partager sa classe, rien de bien intime , me suis-je défendue, et encore heureux d'ailleurs que je ne fasse que ça, il m'énerve ce type.

- J'aimerais tellement qu'il me fasse un sourire !"

            Elle ne m'avait pas écouté, comme toujours elle était enfermé dans ses rêveries, Grégoire est teeeeeeeeeeellement exceptionnel, j'aimerais juste qu'on me dise en quoi. En attendant Annabelle monologuait sur les qualités de cet être si parfait.

            " Il est trop mignon, adorable... Et si intelligent, en plus il est aussi doué en sport, tu savais qu'il faisait de l'escrime ? Dans un club, et pas un petit, un grand club, y a des filles qui m'ont qu'elles avaient appris qu'il serait peut être qualifié pour un tournoi national, tu te rends compte ! Ah, c'est un vrai chevalier, continuait-elle avec ses yeux pétillants, ses joues rouges, et ses mains jointes. A la voir, on aurait pu croire qu'elle parlait d'un Dieu vivant, mais non, elle parlait juste du garçon dont elle était amoureuse, et bien que je détestais cet imbécile, j'étais extrêmement touchée par la jeune fille que j'avais devant moi.

- et tu ferais une très belle princesse avec lui

- tu crois ?... j'y pense, tu savais que toutes ses ex étaient blondes ?

- non... et alors ? "

            Il y a eu un silence de plusieurs minutes, elle me regardait avec ses yeux suppliant, ça sentait le sale plan bien pourri. Le mécanisme a mis du temps à s'enclencher avant que l'ampoule au dessus de ma tête ne se mette à clignoter.

            " Toi ? en blonde ?" Elle a acquiescé et a ajouté "mais j'ai peur de le faire moi-même, alors je voudrais que tu m'aides, s’il te plaît

- Annabelle mais t'es folle, tu as des cheveux sublimes

- s'il te plaît " , suppliait-elle , je ne sais pas pourquoi mais le fait de la voir prête à pleurer pour une couleur de cheveux m'a fait accepter. Samedi, on s'occupera de ça samedi, lui ai je promis, et je m'en voulais déjà, pourquoi n'arrivait-elle pas à comprendre que ce type n'était rien.

 

...

 

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la bonne amie (suite2)  (La Bonne Amie) posté le mardi 18 mars 2008 13:08

La semaine est passée relativement vite, entre les cours, les devoirs, et les quelques activités extrascolaires que l’on ne vienne pas me dire que la vie d’un lycéen n’est pas fatigante. Et ce samedi est vite arrivé, exceptionnellement je n’ai pas eu cours de la matinée grâce à une réunion pour les secondes ou quelque chose du même genre, bref un machin qui ne me concerne en rien. J’étais complètement emmitouflée dans ma couette, roulée autour de mon oreiller, les jambes repliées en position fœtale : j’étais dans mon paradis à émerger lentement du pays des songes sans parents pour venir me réveiller, sans sœur pour m’embêter, lorsque quelqu’un a sonné à la porte. En plus la sonnerie de la maison est tout sauf douce et agréable à entendre bien au contraire, elle est suraigüe, stressante comme pour s’assurer que la personne qui sonne aura bien une réponse s’il y a quelqu’un à la maison.

                        Je suis sortie de mon lit, ou plutôt, je suis tombée de mon lit. Je me suis trainée jusqu’à l’escalier, j’ai descendu les marches lourdement. J’avais les yeux embués, heureusement je connais la maison par cœur. J’ai traversé le salon et je suis enfin arrivée devant la porte que j’ai ouverte avec violence.

«  J’ai failli attendre ! » m’a lancé une tête blonde au dessus de moi. Thomas est entré sans gêne, a posé son sac sur le sol, et a retiré son manteau avant de se claquer dans la banquette. Je n’ai même pas eu le temps de comprendre ce qu’il venait de faire, que monsieur m’ordonne de fermer la porte d’entrée pour éviter les courants d’air, le pire étant que j’ai obéi sans réfléchir.

«  Je te réveille non ? » m’a-t-il demandé alors que je m’installais à ses côtés : j’ai replié mes jambes sur la banquette et j’ai posé ma tête sur ses cuisses. Je me rendormais tout doucement lorsque j’ai senti qu’il tirait sur ma chemise de nuit qui, du coup, remontait petit à petit le long de ma jambe.

«  Thomas, tu fais chier ! » ai-je maugréé avant de me relever pour remettre mon vêtement en place, les joues rouges de honte et de colère tandis que ce qui me servait de meilleur ami me regardait hilare en me faisant remarquer que j’étais bien réveillée maintenant. J’ai soufflé, la journée allait être éreintante, il avait envie de me taquiner, je le voyais dans son sourire. Las, je me suis dirigée vers la cuisine, suivie de Thomas qui venait de se lever, il restait silencieux, savourant encore l’effet de sa mauvaise blague. J’ai pris une tasse dans l’armoire en hauteur, j’ai du me mettre sur la pointe des pieds pour pouvoir l’attraper, il m’avait regardé faire mais ne m’avait pas aidé bien évidemment. Je l’ai fusillé du regard, j’ai été du côté de l’évier et j’ai pris le thermos de café à ma gauche et j’ai rempli la tasse ensuite je l’ai claqué devant son nez, il m’a dit merci de la façon la plus aimable qu’on pourrait imaginer avant de m’embrasser sur la joue ce qui m’a fait sourire.

« Tu m’énerves, lui ai-je signalé.

- Je sais, je sais, m’a-t-il répondu, mais tu m’aimes quand même n’est-ce pas ? »

Je suis retournée me chercher un bol dans un des placards, dans un autre j’ai attrapé des céréales et du réfrigérateur j’ai sorti le lait. Je me suis installée à table sous le regard attentif de mon ami.

« Tu prends ton petit-déjeuner à midi § ?

- Hein ! A midi ?

- Oui, enfin à 11h 46min et 26 sec… 27sec… »A-t-il dit en regardant sa montre.

            J’ai quitté la table pour foncer dans ma chambre en me déshabillant sur le chemin. J’ai ouvert mon armoire, pris mes sous-vêtements et je les ai enfilés, pris un pantalon noir, en fait ils sont tous noirs, et un débardeur au hasard, la couleur m’importait peu, j’ai juste eu le temps de la passer, Thomas a déposé mon linge sur le lit en trouvant ma culotte bien à son goût. Je lui ai arraché des mains, ce garçon est continuellement en rut ce n’est pas possible autrement, je l’ai poussé en dehors de la chambre.

 

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